Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

[ retour au sommaire ]

Bilan moral de l'Assemblée Générale 2006 de Patanarès
Saint-Pons de Thomières, le 4 mars 2006

Nous aurions pu reprendre la plus grande partie du rapport de l'an passé. En effet, toujours et encore, d'autres associations ou collectifs luttent encore contre ce projet. Les adhérents et sympathisants sont toujours d'horizons politiques et philosophiques divers, et comme nous continuons à vieillir, cela fait maintenant trois ans que nous existons et, hélas, sans avancés significatives sur nos propositions de rechange, mais nous y reviendrons.

Il y a pourtant un point essentiel, LE point essentiel : Aucun travail n'a commencé à Tanarès, et M. Carayon a informé la mairie de Riols qu'il avait dénoncé le bail le liant à SITA, profitant d'une demande de Sita de réaliser leur accès au site par la carrière, créant ainsi une demande de servitude non prévue par leur convention. Nous venons d'apprendre, il y a quelques jours, que Sita avait attaqué M. Carayon pour cette annulation. Nous espérons que la justice déboutera la Sita et soutiendrons M. Carayon sur ce dossier.
Nous n'allons pas bouder notre plaisir et nous réjouissons de cette première victoire.

Nous sommes conscients que nous n'aurons définitivement gagné à Tanarès que :
  • si le tribunal administratif annule l'autorisation préfectorale d'exploitation
  • si fin octobre 2006 ,aucun travail n'a commencé, et dans ce cas l'autorisation d'exploiter tombe d'elle-même
  • si Sita ne dépose pas une nouvelle demande d'exploitation à Tanarès, nouveau dossier, nouvelle enquête, ce qui nous semble improbable.
Il nous faut donc rester nombreux et vigilants pour être prêts à réagir à quelques mauvaises surprises ou quelques combines que nous n'aurions pas su prévoir.

Entre impatience et attente, il est plus difficile de compter toujours autant d'adhérents :
  • Attente d'une décision de justice ou abandon du projet.
  • Attente de solutions pour les Hauts Cantons pour le traitement des O.M, solutions proposées depuis bientôt deux ans par Alter_Déchers de Patanarès maintenant structurée en association CoRus.
Sur ce point, et même si CoRus continue inlassablement son travail d'information et ses rencontres avec les décideurs, force est de reconnaître que rien n'avance concrètement. Nous savons bien sûr pourquoi :
Outre le fait que peu d'élus ont envie de s'occuper d'un problème qui, s'il est vital, n'en est pas moins peu électoral, le député maire a un pouvoir considérable dans toutes les instances de décision : Communauté de communes, Conseil général, Parc régional, et depuis que l'association s'est opposé à son projet Sita, il nous considère comme des adversaires, nous ignore ou nous agresse, ce qui est, il est vrai, le meilleur moyen de ne pas avoir à s'expliquer et à assumer ses responsabilités.

Nous avions engagé, avec le Parc cet son équipe précédente, un partenariat afin d'étudier la possibilité de mettre en place la collecte des toxiques et la recherche d'une plate-forme de compostage.
Depuis l'élection du nouveau président, nos trois demandes de rendez-vous pour poursuivre ce partenariat sont restées sans réponse.

Nous savons que c'est la communauté de communes qui délègue ou non le traitement des déchets, dans notre cas le syndicat mixte, mais elle peut également lui demander et lui donner l'autorisation de mener des recherches pour trouver un site convenant pour réaliser une aire de compostage, et non pas une rencontre sans technicien ni conseils municipaux ou communautaires, entre deux maires pour déclarer que rien n'est possible, comme il a été déclaré par le président lors des vœux.
Le Conseil Général a en charge le suivi du Plan départemental, mais son président a écrit à une grande partie de la population qu'il avait soutenu et soutiendrait la mise en œuvre de plates-formes de compostage par les autorités compétentes, à nous donc de demander à ces mêmes autorités compétentes cette mise en œuvre.
Le Parc, s'il n'est pas directement concerné, a vocation à protéger son territoire et favoriser des solutions innovantes.
L'autorité d'un seul décideur, dans les instances qui devraient être partenaires, et son influence sur les autres élus, nous mène à une impasse.

Il peut bien sûr être tentant pour certains de vouloir utiliser l'association pour mener une lutte politicienne - et on peut les comprendre - mais, même s'il paraît évident qu'aucune alternative au projet Sita ne pourra exister sans la volonté des politiques locaux, l'association n'est pas le lieu de ce combat.
En fait, il semble que la question puisse se poser comme suit :
  • ou bien l'on souhaite que nos élus mènent une autre politique et l'on pense que l'on peut influer sur celle-ci, et dans ce cas c'est effectivement un travail associatif et de concertation, celui que nous essayons de mener depuis trois ans.
  • ou bien l'on ne croit pas à cette possibilité et l'on pense qu'il faut changer les élus et alors ce n'est plus le rôle de l'association "Patanarès".
Les luttes et débats politiques doivent être menés individuellement ou dans les partis ou avec d'autres structures.
Nous devons continuer à soutenir les alternatives économiquement et écologiquement acceptables, et rester nombreux et réactifs si quelque mauvaise surprise survenait.
Certains souhaiteraient tellement parvenir à nous faire passer pour une opposition politique, alors que nous ne sommes que des citoyens vigilants et responsables malgré toutes les difficultés dues également à l'usure du temps. Nous n'avons écrit et dit que ce qui est vérifiable, tant pis si cela met certains mals à l'aise.

Nous sommes loin d'avoir tout réussi et tout bien fait dans la vie de l'association mais nous sommes loin aussi d'avoir tout raté et cette aventure est pleine d'enseignements pour nous tous.

Nous espérons avoir à déboucher le champagne fin Octobre lors d'une grande fête pour l'annulation de l'autorisation d'exploiter.

[ haut de page ]