Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Rencontre avec le conseil général et opération escargot

Le printemps approche, la langue de bois fleurit !
article paru dans TAM TAM n°2 du 15 mars 2003

Le Conseil Général afin de commenter les résultats de son enquête "Hérault 2005" propose de rencontrer les Héraultais dans une série de rendez-vous intitulés "Rencontrons nous". Le Collectif de Citoyens dans sa mobilisation contre la Méga- Décharge de St Pons a dit chiche et s'est invité aux rencontres de St Chinian et de Bédarieux les 6 et 10 mars. Le 18 c'est à Béziers qu'ils interpelleront les élus. Cerise sur le gâteau ils devraient y trouver aussi le Sous-Préfet.

Venus de St Pons, Vieussan et Puisserguier en cortège "escargot", ils étaient environ 80 à se presser au fond de la salle de l'Abbatiale de St Chinian.
Leur arrivée réveilla un peu une assistance assoupie qui, on les comprend, s'ennuyait ferme en visionnant un petit film présentant, sans rire, l'avenir "radieux" de notre département... et de ses responsables, pour l'occasion installés à la tribune: le Président du Conseil Général (M Vézinhet), le maire de St Pons (M Mesquida) et celui de St Chinian (M Tropéano), tous apparemment "ravis" par l'arrivée un peu bruyante de cette clique. La claque, quant à elle, réveillée par ces inconnus, grommela un peu contre cette intrusion.
Mais les manifestants, somme toute bien élevés, attendirent la fin de la projection et de l'interminable introduction au débat de l'animateur, pour aborder enfin la raison de leur visite: la Méga-Décharge de St Pons.
C'est le Président de Patanarès qui posa la première question, une question simple: Quelle est la position du Conseil Général concernant cette décharge de déchets pas ultimes du tout ? C'est là que l'on sut que le printemps était proche, car la langue de bois qui fleurit dans la bouche de monsieur Vézinhet fut un modèle du genre et fit l'admiration de tous. A la fin de la réponse tous avaient oublié la question.
Bref du grand art.
Enfin après décryptage de nos services, il fut dit en substance que:
"le Conseil général était contre le projet puisque les élus locaux sont contre, enfin certains, mais que ce n'est pas de sa compétence, que seul le préfet décide, mais que les populations ont bien raison d'être contre, et qu'elles se rassurent car c'est sûr le Conseil Général est contre, mais qu'il ne peut en dire plus, que c'est bien dommage que ce ne soit pas de sa compétence car le Conseil Général est tellement contre et depuis si longtemps que...". Pas de chance les manifestants s'étaient trompés de porte.
On s'en doute, les fameux opposants en demandèrent un peu plus dans un concert de sifflets. M Vézinhet rajouta pour calmer la France du fond que "bien sûr si quelqu'un du Conseil Général voulait déposer une motion lors d'une séance, il pourrait en être débattu".
Mais qui posera cette motion ? Quand ? Comment les populations le sauront-elles ? Mystère...
L'animateur de la soirée, un journaliste en ménage, un expert donc en débats bien menés, de ces débats où l'on ne débat de rien, refit illico une piqûre anesthésiante à toute l'assemblée. Malheureusement pour le bon docteur, les citoyens du fond, toujours eux, dopés à l'esprit critique remirent le couvert et comble de cruauté, parlèrent un peu dans le micro, de cette démocratie ou les "représentants" du peuple, ne décident de rien sur un sujet pareil, et n'informent pas ce même peuple de ce qui se prépare... Enfin les manifestants donnèrent rendez-vous à ces "représentants" indignés par de tels propos, aux rencontres de Bédarieux et de Béziers.
Une chose est sûre, sans la présence des manifestants ce soir là, personne n'aurait parlé de Tanarès, dans ce village pourtant directement concerné par la pollution que la Méga-décharge provoquerait sur le Vernazobre qui le traverse et des nappes phréatiques qui l'alimentent en eau potable.

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