Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?

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Marchons contre la méga-décharge - jour 7
Vendredi 23 mai : de Villeveyrac à Lavérune - 28 km

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Sommeil au son du chant des grillons qui, tout d'un coup, alors que nous nous assoupissons, fait exulter Pascale d'un solide "ils ne dorment jamais ?"… Cependant Joëlle nous rassure et à son "Dormez, tout va bien !", nous sombrons.
Réveil en douceur et dans la douce fraîcheur de l'ombre des pins (ceux du "Mas des Pins" auxquels il faut rendre grâce, ainsi qu'à l'accueil de nos hôtes). Petit café raté, un deuxième de Marie Paule nettement mieux... Essai du sac à dos pour chien qui logera "Miel" de Pascale. Et toujours les mêmes qui rangent.
Nous trichons un peu en prenant la voiture jusqu'à Villeveyrac, car les 28 km nous semblent longs : nous économisons 4 km.
A Villeveyrac, rassemblement au troquet avec Adrien et une troupe fraîche arrivant de St Pons. Distribution de nouvelles pancartes d'un jaune fluo qui s'avéreront fort utiles pour bien se faire voir des automobilistes pressés... avec de nouveaux slogans apostrophant les services de l'Etat, notamment le "drôle" de rôle du Monsieur de la DDASS - et le "SITA magouille, Etat complice ?" (qui sera scandé sans point d'interrogation, le samedi lors de la manif). Et nous marchons...
Tour de ville à Montbazin, ainsi qu'à Cournonsec et Cournonterral. Nous laissons nos documents aux différentes mairies. Nous apprenons qu'à Cournonsec, la mairie faisant partie de "l'agglo de Montpellier" est favorable à une méga-décharge (pardon CSDU) sur Teyran : diantre, on les comprend, c'est pas chez eux !! Nous sommes affligés par ce manque certain de solidarité, mais sûrs de nos idées (en l'occurrence, ce sont des petits CSDU qu'il faut), et nous marchons...
C'est dur de marcher : il fait chaud et faim… les voitures se font de plus en plus anonymes ou indifférentes… et nous marchons...
Cournonterral, pause déjeuner… Puis Jean François et moi, Corine, allons à la Mairie. En face du "Café de la Mairie", un grand bâtiment sur lequel nous décryptons "Hôtel de Ville" : un grand escalier... nous montons; à la réception, une dame. Notre baratin se rode de plus en plus. La dame nous laisse faire notre numéro...
- "Pouvons-nous voir le Maire ?"
- "Mais, vous êtes à l'Hôtel de police, ici ! La mairie est à 400 mètres."
Et de nous expliquer comment nous y rendre.
Il fait chaud... C'est loin 400 mètres (+ 400 mètres de retour) quand on a marché toute la matinée ! Nous nous obstinons... Re-belote de nos explications : on nous écoute, intéressés, certains posent même quelques questions.
Nous partons rejoindre le groupe qui doit s'interroger sur notre si longue absence (on leur avait dit : "Venez nous rejoindre si on tarde !" et ils étaient donc en train d'assiéger l'Hôtel de Police !). A la sortie de la Mairie, deux fonctionnaires de l'ordre (et oui, ils vont toujours par deux !) nous attendent pour nous dire que les collègues nous cherchent. "Merci du renseignement, on va les rejoindre". Jean François a retrouvé la voiture navette pour les chauffeurs qui doivent conduire leurs véhicules à l'étape suivante. Je me retrouve donc perdue dans Cournonterral pour retrouver l'Hôtel de Police… et me trompant de 180°, je pars à l'opposé, toujours à pied... M'apercevant de ma bévue, je "demi-tourne" et retrouve enfin le "camion-balai" avec Sylvie qui s'inquiète : "les autres sont partis car il est 15h et il y a de la route ! ".
On tourne, retourne, évite les sens interdits, à la recherche des marcheurs qui nous attendent au carrefour de la grand route.
Flottement sur le choix : passer sur la route où les voitures sont folles ou sur la piste cyclable ? La piste cyclable est élue : on pourra parler plus facilement avec les cyclistes que nous pensons plus réceptifs.
Mais, naïfs que nous sommes, ce sont des sportifs, avec panoplie. Ils ont un timing à respecter ! La présence de la route bruyante accolée à la piste exclut toute convivialité : pauvres de nous, citoyens, les décideurs respectent la "qualité de la vie", ils ont pensé à nous construire de belles pistes cyclables, bruyantes et sans une ombre. Est-ce qu'ils les ont empruntées une seule fois, en famille ou avec leur chien ? Où est la piste verte de l'ancienne voie ferrée des Hauts Cantons ? (Avant, même les routes nationales étaient toutes bordées de grands platanes qui ont certes causé des accidents mais qui protégeaient du soleil cruel de la plaine... Faut dire que maintenant les voitures sont climatisées : les vitres nécessairement fermées recréent la bulle utérine: peu ou pas d'échange avec l'extérieur) On a le sentiment d'être pris au piège.
Certains d'entre nous essaient d'engager le dialogue avec les vélos !!

Quelle chaleur ! A la pause hydratation, une image paisible : le chien d'Ully est allongé de tout son long, confiant, à côté d'Eric, qui lui aussi s'abandonne à la fraîcheur de l'ombre !
Seul Rémi, en homme de com., essaie de convaincre les journalistes de venir à Lavérune pour la dernière étape. Bravo Rémi pour ta ténacité... Mais de rire de le voir marcher en long et en large, accroché à son portable.
Allez, nous repartons. Et nous marchons...
A l'embranchement de Lavérune, un grand carrefour. Nous faisons 50 mètres de plus pour traverser sagement et en relative sécurité sur le passage clouté : les voitures vont très vite...

Lavérune et son château sont en vue, André aussi. La mairie, quelques documents... et le bistrot où l'on se pose et repose.
Marcel voit le Maire et son adjoint : présentations et discussions. Ils seront présents pour notre dernier départ, le lendemain, devant le parc du château, nous apportant un soutien moral et montrant leur difficulté de vivre et de se faire entendre dans "l'agglo de Montpellier".
Nos hôtes, le jardin, la maison sont très accueillants. Murs couverts de tableaux : nous sommes chez des artistes peintres.
Derrière la vigne, au fond du parc, nous plantons notre village de toile, soit une quinzaine de guitounes. De nouvelles troupes nous rejoignent pour la soirée et la nuit. Dom et sa famille arrivent avec "le manger" : délicieux taboulé et grillades. Un festin convivial.
Christian, chef de chœur de la chorale d'Olargues, vient , après son concert, nous souhaiter bonne nuit avec son humanité à fleur de peau. Il fera le trajet à pied jusqu'à Montpellier le lendemain, avec nous. Thierry passe avec son enthousiasme militant de directeur d'une école de La Paillade et toujours plein de projets.
Il y a du monde partout : dans tous les recoins de cette maison. De petits groupes se forment, des forums s'improvisent : les OGM ; la lutte pour sauvegarder le service public expliquée par Marie Paule; les retraites,....
Le dindon du voisin a cessé de chanter depuis longtemps : on va tous se coucher pour la dernière nuit. Déjà de la nostalgie se dessine : c'est la fin de la marche sur Montpellier, nous n'en sommes qu'à 8 km. Nous serons une bonne centaine, demain, à marcher !

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