Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint- Ponais ?
 

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'Hérault 2005' à Béziers le 18 mars 2003



Quelque 200 personnes se sont retrouvées à 17h sur les allées Paul Riquet pour manifester leur opposition au projet de Tanarès puis, à 18h, ont participé à la réunion 'Hérault 2005' prévue par le Conseil Général au Palais des Congrès. Le Président de Patanarès a pris la parole et le Collectif de Citoyens a lu la lettre ci-dessous :
Lettre ouverte du Collectif de Citoyens à Messieurs les Conseillers Généraux
et par leur intermédiaire aux Responsables du Plan Départemental des Déchets

Pour copie : à la Presse, au Préfet.

Messieurs les élus, ne perdez jamais de vue le fait que vous avez reçu mandat du peuple pour gérer et solutionner les problèmes et non pas mandat pour en créer de nouveaux.
A nos yeux, vous n'avez pas fait, ces dix dernières années, le travail que vous auriez dû faire en matière de traitement des déchets.
Messieurs, nous vous le demandons solennellement : il faut revoir votre copie.
L'intérêt public, la santé et la sécurité des générations futures, appellent des solutions publiques et non pas privées Les financiers ne sont pas des philanthropes, leur but naturel a toujours été de s'enrichir et leur optique est naturellement : "après nous, le déluge !". Directement intéressées dans le processus de surconsommation et de gaspillage, des sociétés telles la SITA n'espèrent que voir grossir le flux des déchets qu'elles facturent à la tonne aux collectivités publiques et donc, au final, à nous autres, les citoyens payeurs. Leur intérêt ne va jamais dans le sens du réglementaire, surtout quand la justice se montre si laxiste à l'égard des pollueurs. Voyez, par exemple, les méfaits commis en toute impunité par la SITA en Seine et Marne.
Nous ne sommes pas sûrs d'accepter de continuer à payer des impôts pour "ordures ménagères" si c'est pour être pollués, et nos arrières arrières petits enfants par dessus le marché.
Nous voulons des services publics, donc, autant que faire se peut. Et si par carence technique, il faut concéder au privé, que ce soit au moins sous le contrôle d'une régie publique, seule solution permettant une certaine surveillance des finances, du rendement réel et des véritables risques par les citoyens.
Votre intérêt, comme le nôtre, n'est pas de payer plus. Avec le projet SITA, globalement les héraultais de l'Ouest payeraient plus de transport, en choisissant un site aussi excentré et difficile d'accès. Ce projet mérite un zéro pointé sur le plan logistique. Vous conviendrez d'ailleurs que si, en temps qu'élu, vous vous donnez un budget à la tonne à ne pas dépasser, payer plus en transport vous entraîne fatalement à accepter du "pas cher" en matière de traitement des déchets- En privilégiant une solution "tout venant", nous payerions plus de tonnes facturées et à quel prix d'ailleurs, nous aimerions le savoir.
Nous manquerions aussi, en cette période qui se veut de changement et de rationalisation, l'occasion de changer vraiment, c'est à dire, par exemple, de se mettre à trier vraiment. Et pour cela, il faudra bien en venir, le plutôt possible à un tri manuel sur tapis en aval de la mise en containers.
Puisque le tri sélectif se met en place partout, nous attendons avec grande impatience que chacun des maires de la région nous disent où iront très exactement chaque catégorie de déchets que nous aurons grand soin de déposer dans le container adéquat. C'est que, voyez-vous, nous ne voudrions pas avoir payé des containers et faire des efforts de civisme pour rien ! Nous vous demandons de favoriser, voire d'initier des projets d'unités de recyclage.
Il vous faut revenir à la raison : le gigantisme n'est jamais la bonne solution. Et bien sûr encore moins au-dessus d'une nappe aquifère patrimoniale, dans un pays où tout, en fin de compte, est patrimonial : le paysage, la flore, la faune, le gibier, le Parc Naturel, la qualité de la vie, le tourisme vert comme quasi unique ressource d'avenir. Nos hauts cantons, c'est le bol d'air pur des habitants de la plaine.
Veuillez intégrer toutes les pertes prévisibles de patrimoine et leur impact économique dans vos calculs. Dans le secteur des hauts cantons, toutes ces pertes se solderaient au final par un déficit d'impôts perçus.
Repoussez, nous vous le demandons et nous ne sommes pas les seuls, le gigantisme des sociétés à but monopoliste. Revenez à des solutions communales ou intercommunales, pour le compostage par exemple, et à des solutions inter cantonales quant au stockage de "l'ultime
", évidemment nécessaire.
Mais qu'on ne nous vante pas, et qu'on ne nous vende plus du "tout venant" pour de "l'ultime".
Ces solutions sages coûteraient plus cher, trop cher, aux collectivités, répondrez vous peut-être ?
Mais la dépollution, dans vingt, trente ou cinquante ans, une fois la SITA partie, dissoute ou en faillite, cette dépollution d'ailleurs quasi impossible dans le cas du site de Tanares, qui la payera sinon les finances publiques, tout comme le démazoutage des plages et autres nuisances industrielles ?
Bien avant cela, nous commencerions par payer les interventions des pompiers dans un véritable chaudron aux chimies hasardeuses, plus pentu sans doute que toute autre décharge jamais construite.

Tournons la page ! Arrêtez le massacre ! Quelles que soient vos étiquettes et vos jugements passés, nous vous demandons d'avoir le courage politique de revenir sur une erreur que nous admettrons due à la pression de l'échéance de la fermeture des décharges dites "sauvages".
Nous demandons instamment une certaine révision du plan départemental, visant à la création de centres de stockage plus petits, correspondant à des zones géographiques plus restreintes. Centres plus proches de la collecte, plus directement contrôlable par la population, qui s'en sentirait d'autant plus concernée à réduire et recycler cette masse d'ordures qu'elle aura à gérer, les siennes propres, avec l'intérêt d'être performante.
Nous demandons plus particulièrement aux élus de la Communauté de Communes du St Ponais de porter un autre projet pour notre région qui, du Pardailhan à Hérépian, ne produit guère que 15 000 tonnes par an et pourrait certainement en produire moins si vous le voulez bien avec nous.
C'est beaucoup de travail direz-vous ? Ou bien manquez-vous d'alternatives ?
Messieurs les élus, le peuple ne demande qu'à vous aider ! Faites participer les bonnes volontés, les spécialistes, ingénieurs, chercheurs d'alternatives qui ne manquent pas dans la population et qui, au contraire des bureaux d'experts complaisants, ne demandent qu'à travailler bénévolement pour le bien public.
Nous en profitons pour vous dire - et c'est bien le sujet puisqu'il s'agit aujourd'hui de rencontres citoyennes - qu'il serait dorénavant plus judicieux de demander l'avis de la population avant tout projet, plutôt que d'avoir à subir ce navrant exemple de non-concertation, de bâclage, de solution par défaut, de fausse solution !
Doutez-vous de l'opinion raisonnée des habitants du St Ponais ? Que nos maires veuillent bien organiser un référendum et, dans le secret de l'isoloir, sans pression aucune, ce sujet sera clos sans contestation possible.
Nous voulons la démocratie, tout simplement. La démocratie, "régime politique où le peuple exerce sa souveraineté lui-même", dit le Larousse. Un effort, Messieurs Ies élus, si vous ne voulez pas que l'image de l'Etat protecteur et impartial, que vous avez tous à cœur de représenter ne finisse au fond du vallon de Tanarès sous quelques millions de tonnes de déchets polluants, si vous ne voulez pas faire des hauts cantons le pays détenteur du record d'abstentions aux prochaines élections !
Nous espérons fermement que vous entendrez cet appel à construire ensemble une alternative à ce qui serait un véritable scandale.
Enfin, nous demandons que le Conseil Général relaie, par une motion, la demande des citoyens payeurs de réduction des déchets en amont, afin d'accentuer la pression de l'Etat sur les véritables producteurs de déchets que sont les industriels.
En vous remerciant de votre attention, recevez Messieurs, nos salutations les plus démocratiques.

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