Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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La décharge de Mont-Saint-Guibert (extraits)
trouvé sur le site de Louvain La Neuve (Belgique)

Le site web est bien documenté (nous ne livrons ici que des extraits). Une visite est très instructive !

Si nous avons décidé de consacrer un site spécial sur la décharge de Mont-St-Guibert, c'est parce que des décisions extrêmement importantes seront prises prochainement qui vont déterminer son avenir et sa gestion pour les années à venir. Pour début avril au plus tard, le Ministre de l'Environnement aura à statuer sur des recours qui pourront changer bien des choses. Mais pour cela nous devons faire connaître notre dénomination. L'AH (association des habitants de Louvain La Neuve) a préparé ce dossier dans ce but.

Un nouveau permis inacceptable
Le 24 octobre dernier, la Députation permanente du Brabant Wallon délivrait un permis de renouvellement de la décharge jusqu'en 2010.
Disons-le tout net : ce permis ne nous satisfait pas.
Sur base de l'étude d'incidence réalisée en 1994 par igretec, ce permis considère que les pollutions générées par la décharge diminuent et que les gaz n'en quittent pas le périmètre géographique.
Ces deux affirmations, qui conditionnent l'aspect du permis et ses conditions d'exploitation, sont inacceptables.
Tous les habitants de Louvain-la-Neuve savent pertinemment bien, pour en être incommodés régulièrement, que les gaz de la décharge ne s'arrêtent pas à ses clôtures.
(...)

Que cachent les odeurs ?
Les gaz s'échappant de la décharge de Mont-St-Guibert sont-ils dangereux ?
(...)

Concernant l'aspect quantitatif , peu de données sont actuellement disponibles.
- de la part de l'exploitant ou de la Région wallonne, aucune donnée car l'exploitant ainsi que le rapport de l'étude d'incidences sur l'environnement, réalisée à la demande de l'exploitant pour obtenir son permis d'exploiter, contestent le fait que Louvain La Neuve reçoit des gaz de la décharge : "Des mesures de teneur en gaz dans l'air ambiant ont été faites dans et aux environs du site dans différentes conditions météorologiques. Elles montrent l'efficacité des réseaux de collecte du biogaz. La limite à partir de laquelle le gaz de la décharge est détecté par l'odorat d'un être humain n'est jamais atteinte en dehors du site ." - sans commentaires !
- des mesures ont cependant été effectuées de manière ponctuelle par le Professeur BERGER, habitant au quartier du Biéreau, place de la Sarriette, à environ 1.250 mètres de la décharge :
"A l'occasion nous avons, avec l'aide du Professeur Ronneau, montré que lors d'épisodes de fortes odeurs perçues au quartier de Biéreau pendant la nuit, la concentration en méthane (utilisé comme traceur de pollution) pouvait être 30 fois supérieur à la concentration 'normale' (près de 50 ppmv le 16 juin 1992 à 1 heure du matin à la place de la Sarriette; la valeur 'normale' étant de 1,7 ppmv)".

Ces mesures, mêmes ponctuelles, ont le mérite de mettre en évidence une réelle pollution de l'atmosphère de Louvain La Neuve par la décharge, sur des distances déjà importantes.
(...)

L'enquête des "nez", réalisée par le groupe "Intérêts Communaux" avec des habitants de Louvain La Neuve en octobre et novembre 1996 et à laquelle une cinquantaine de personnes a participé, a montré de manière indiscutable la pollution olfactive réelle subit par Louvain La Neuve, mais aussi les différences de perception selon les individus.

Voici les commentaires de la synthèse de cette intéressante enquête :
"De manière générale, TOUS les quartiers de Louvain La Neuve sont touchés, ceux se trouvant les plus proches rencontrant logiquement les odeurs les plus fortes.
Ce qui surprend, c'est la distance à laquelle ces odeurs sont nettement perceptibles : le quartier de Lauzelle situé à 2.250 m et même la clinique d'Ottignies à 4 km !
On peut également souligner le malaise profond que ressentent certaines personnes au contact de ces odeurs ('pénibles, irrespirables, ...'). Certains témoignages sont accablants et montrent qu'au-delà d'une légère gêne que l'on peut éprouver face à une odeur moyenne et passagère, des habitants souffrent réellement lors de périodes d'émanations intenses.

Quand les spécialistes expliquent qu'en plus du méthane, le biogaz contient également des gaz plus toxiques, on peut s'interroger de l'impact quant à la santé d'individus plus sensibles à certains composés.
D'autre part, plusieurs commentaires des observateurs soulignent l'augmentation progressive de la fréquence et de l'intensité des odeurs depuis deux ans."

Une récente étude épidémiologique de l'ancien directeur du service de cancérologie de l'hôpital de Jolimont (dans le Hainaut), le Dr. PLUYGERS, a essayé de démontrer l'impact du biogaz sur la population environnante. Sur base d'observations de patients (une centaine de personnes) habitant autour de la décharge de Cronfestu, il explique qu'il a décelé chez ceux-ci une diminution des défenses immunitaires (c'est- à-dire une disposition plus favorable à contracter le cancer), les plus sensibles habitant le plus près de la décharge, dans un rayon de 500 mètres et une situation normale étant retrouvée à partir de 4 km.

Il va sans dire que si la plupart des médecins spécialisés interrogés sur cette étude trouvent les résultats plausibles, sans que ceux-ci soient formellement démontrés, vu l'échantillon restreint de patients observés, d'autres collègues n'hésitent pas à contester avec virulence les résultats de cette étude et répandent des propos diffamatoires à propos du Dr. Pluygers. (cf. Guy Béart : "le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté").

Plutôt que de polémiquer, ne serait-il pas plus simple d'entreprendre un biomonitoring de la population habitant à proximité de la décharge ?

Aspect environnemental
Le biogaz contribue aussi de manière significative à augmenter l'effet de serre (rétention par certains gaz de la chaleur émise par le sol et par conséquent augmentation de la température moyenne de la terre).
En effet, selon l'agence française de la qualité de l'air, le gaz carbonique contribue pour 55 % à l'effet de serre et le méthane pour 15 %. Pour soulager notre planète terre, Il y a donc tout intérêt à récupérer et à détruire le biogaz produit par une décharge.

Conclusions
Dans tous les aspects envisagés, l'émission de biogaz dans l'atmosphère est dommageable, et pour la population, et pour l'environnement. En aucun cas, il ne doit être toléré par les autorités que de telles émissions soient possibles, car elles se font au détriment des riverains.

Mais quelle valeur est accordée aux habitants face aux intérêts économiques ?

Le comble est atteint par l'exploitant qui vient d'installer des nébuliseurs de masquage artificiel des odeurs (aspersion des gaz par du parfum ?) sans préciser ni la nature ni la dangerosité des produits chimiques qu'il compte utiliser. Ce subterfuge permettra à l'exploitant de supprimer la seule preuve de l'émission de gaz à l'extérieur de la décharge et lui permettra ainsi de se soustraire à ses obligations prévues dans le permis d'exploiter (pas d'odeur, ni de gaz à l'extérieur de la décharge).

Quel mépris pour les riverains qui sont justes bons à être pollués, mais parfumés !

Il faut en appeler à l'Institution Universitaire, qui a été le moteur de la création et du développement de Louvain La Neuve : face à des faits de pollutions avérés, aux risques pour le moins prévisibles, laissera-t-elle le pari immobilier de Louvain La Neuve s'effondrer et la population étudiante s'en détourner ? Qui peut croire un instant que des parents dûment informés ne seront pas inquiets d'envoyer leurs enfants vivre dans un milieu sciemment pollué ?
(...)

Témoignage d'un habitant de la place de l'Angélique, situé à 750 m à vol d'oiseau de la décharge (extrait de l'enquête des "nez")

... Si les odeurs étaient fréquentes et souvent gênantes de 1984 à 1990, les choses se sont améliorées en 1990. La société CETEM avait semble-t-il réalisé de gros investissements pour préserver l'environnement; elle l'avait fait savoir par une campagne d'information particulièrement dynamique (presse, dépliant toutes boîtes, exposés, ..). Ainsi, elle annonçait "la suppression des odeurs par dégazage, les gaz étant récupérés en partie afin de produire de l'électricité et du chauffage ainsi que d'autres projets de récupération d'énergie en cours d'étude, l'excès étant brûlé dans des torchères automatiques à 1200° sans résidus de combustion".

Dès 1993, les odeurs revinrent en force pour atteindre en 1995 et 1996 des sommets jamais atteints depuis 1984. Bien évidemment, ces gaz avec leurs conséquences odorantes ne nous arrivent que lorsque le vent souffle d'un secteur allant du sud-ouest au sud-est, ce qui a été très fréquent pendant l'été 1995.
Ces odeurs sont tellement fortes et tellement incommodantes qu'elles interrompent le sommeil durant la nuit, qu'elles interdisent la fréquentation des jardins et terrasses lorsque le vent vient des directions citées, qu'elles provoquent des malaises, surtout lorsqu'elles sont respirées au niveau du sol. ....

Pollution des eaux
Concernant la pollution des eaux, le mémoire d'un étudiant en agronomie - dont les résultats ont été commentés et minimisés - a le mérite essentiel, pour nous, de révéler les résultats des mesures qui n'auraient jamais été diffusés auparavant. Ces mesures qui ont été réalisées par la Faculté agronomique de Gembloux pour le compte de l'exploitant de la décharge, attestent que dans les piezomètres installés pour en contrôler l'impact sur l'environnement, la pollution augmente clairement sur la période allant de 1991 à 1995. Les mesures effectuées en 1995-96 par l'étudiant ne font que confirmer cette tendance.
Ainsi à titre d'exemple, la pollution par le nickel a été multipliée par 10 en 5 ans, et dépasse le seuil de potabilisation.
(...)

Que voulons-nous ?
Nous voulons que le permis d'exploiter fasse en sorte que la décharge de Mont-St- Guibert devienne réellement le "centre d'enfouissement technique" que ses exploitants prétendent qu'elle est.
(...)

Le problème de l'eau
L'eau est de l'avis de tous une des ressources naturelles de la Wallonie. Beaucoup pensent aussi, à juste titre qu'il s'agit d'une ressource à gérer avec la plus grande attention, toute pollution pouvant conduire à des intoxications plus ou moins graves, vu le nombre énorme des captages exisatnt en Wallonie. Face à cela, le sommet de l'idiotie est atteint lorsque, comme à Mont-Saint Guibert, nos élus permettent directement (en donnant les autorisations) ou indirectement (en mettant des mois à les retirer) à des entreprises (flamandes ou hollandaises, par exemples) de venir enfouir à MSG des milliers de tonnes de déchets incontrôlés. A MSG, le site est inadapté à l'exploitation en décharge, mais en plus on y a déposé des déchets sans prendre de précautions. La conséquence actuelle est une pollution évidente, incontestable et grave d'au moins une des 2 nappes phréatiques situées sous la décharge. La suite ne fait pratiquement aucun doute ... La seule eau potable qu'il nous restera pourrait être ... celle de nos larmes, et l'eau si pure qui servait à brasser la "Grade - Mont-Saint-Guibert", alias "Vieux-Temps" ne sera bientôt plus qu'un souvenir.

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