Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
voir leur site

[ texte précédent ] [ retour au sommaire ] [ texte suivant ]

Les mensonges de SITA
dans le projet d'implantation d'un CSDU à St Jean aux Amognes

trouvé sur le Web


Une réunion d'information s'est tenue lundi soir à St Jean, avec 4 responsables SITA, venus présenter le projet d'implantation. Les principales conclusions des échanges nous amènent à dire que nous sommes en présence d'un système basé sur le mensonge et l'incompétence de surcroît couvert par l'administration.

1. Mensonge, car la procédure d'approche du propriétaire était fallacieuse (prétendument pour recevoir des cartons, argument nié puis, finalement, avoué devant 200 personnes).

2. Mensonge, sur l'existence d'une carte géologique qui aurait permis de repérer le terrain, alors que le BRGM nous affirme n'avoir aucune carte géologique concernant cette zone !

3. Mensonge, sur la durée de production du biogaz et donc de contamination de l'atmosphère, minimisée à seulement 10 ans (croquis à l'appui), contrairement aux affirmations en notre possession -CNIID-, le biogaz ne diminue que très progressivement, sans point d'arrêt réel dans le temps (mais au moins 50 ans).

4. Mensonge, sur le pourcentage de biogaz réellement brûlé par la torchère. Sita annonce 90% de captage, alors que selon nos sources (CNIID), le chiffre de 85% peut au mieux être avancé pendant la collecte, mais le résultat global hors collecte -ce qui nous préoccupe- n'est que de 50%.

5. Mensonge, sur l'existence d'un autre site en étude, qu'ils n'ont pas été capables de citer, alors même que la loi l'impose (circulaire du 11 mars 1987 sur la mise en décharge exige que soit exposées "les raisons du choix par rapport à d'autres sites potentiels").

6. Mensonge, sur les raisons de la présence d'un responsable SITA auprès du Commissaire enquêteur tout au long du déroulement de l'enquête publique à Sauvigny le Bois (Yonne). Nous savons que l'ingénieur SITA était là avant le représentant de l'association et non l'inverse.

7. Mensonge, sur la fréquence des réunions de la CLIS. Ils estiment respecter la réglementation alors que nous avons un courrier d'AREA prouvant qu'ils sont constamment dans la nécessité de les rappeler à leurs obligations, via le Préfet.

8. Mensonge, sur le prétendu bâchage des déchets chaque fin de semaine. Une photo prise la veille (dimanche 16 février 2003 à Sauvigny) circulait, montrant un tas infâme de déchets à l'air libre !

9. Mensonge, sur la fiabilité de la géomenbrane. Ils brandissent la géomembrane comme une assurance qualité, minimisant ainsi les risques de pollution des eaux. Hors, toutes les études faites sur la géomembrane n'ont qu'un faible recul. De plus, une géomembrane présentera toujours des défauts, lors de sa fabrication, du transport, du stockage sur le chantier, de sa mise en place et de la période de fonctionnement. La perméabilité associée à ces défauts est totalement occultée.

10. Mensonge, sur la présence des fermentescibles. Le projet présenté rappelle l'interdiction depuis Juillet 2002 d'introduire ces déchets en décharge, comme s'ils n'avaient pas l'intention d'en accueillir. Or, dans leur site de Sauvigny le Bois, ils les réceptionnent toujours moyennant de grosses amendes, qui leur procurent de bonnes rentrées financières ! c'est le même système qui nous attend.

11. Mensonge, sur la température minimale pour brûler les biogaz. Ils affirment que la valeur minimale pour que l'élimination des gaz dangereux soit effective, doit être de 900°. Or leur rapport d'activité 2001 montre que c'est une moyenne. Quelques fois en dessus quelques fois en dessous. Mais pas une valeur minimale ! Donc tous les jours où ça brûle en dessous des 900°, ça pollue !

11 mensonges qui nous laissent augurer du pire en matière de risques sanitaires et d'autres mensonges à venir.
11 mensonges proférés devant 200 personnes qui ne permettent pas d'instaurer un climat de confiance avec l'exploitant.

Nous maintenons, par conséquent, notre volonté de nous mobiliser contre cette implantation.

Les principales conclusions des échanges ayant eu lieu lors de la présentation par SITA de son projet, (le 17/02/2003) : Nous sommes en présence d'un système basé sur le mensonge et l'incompétence, avec une couverture de l'administration.

Explications

MENSONGES

- Lors de la toute première "approche" du propriétaire du terrain et des élus de la commune (en 2001), SITA a présenté un projet d'enfouissement de cartons non valorisables par les procédés de recyclage. Ce type d'approche, via des éléments banals et à priori sans risques (donc facilement acceptable), fait partie d'une procédure d'approche, une stratégie d'introduction sur le terrain en douceur dans l'optique de capter la première "victime", à savoir le propriétaire du terrain. Le Responsable SITA, Mr PARSY a commencé par nier les faits, puis il a concédé devant les 200 personnes présentes, la soi-disant erreur d'un salarié. Il a rapporté : "lorsque l'agent responsable de l'agence de Nevers de l'époque (Mr…) m'a rapporté ses propos, je lui ai dit qu'il était complètement malade".
Le propriétaire du terrain a de ce fait été "abusé" dès le départ, et s'est fait "accrocher" par SITA sur ce mensonge. Et la mécanique s'est ensuite progressivement mise en place pour installer un CSDU, l'empêchant de faire machine arrière.

- Mr PARSY nous a présenté sa perception de la production de biogaz dans le massif de déchets (croquis à l'appui…): "à partir du jour de dépôt du déchet, la production de biogaz démarre progressivement et devient exponentielle avant de chuter et disparaître au bout de 10 ans". Si l'on se réfère à des éléments techniques (CNIID), cette production de biogaz est exponentielle jusqu'à 20 ans après le dépôt, et ne diminue que très progressivement, sans point d'arrêt dans le temps.

- L'ingénieur de recherche SITA nous affirme que "90% des biogaz produits par le massif de déchets sont captés par la torchère": selon les mêmes références techniques que précédemment, 85% est capté (si l'installation fonctionne correctement, voir ci dessous) en période d'exploitation, mais globalement sur l'ensemble de la production de biogaz seulement 50% est capté, le reste partant dans l'atmosphère (26% des dégagements de méthane mondial, responsables du réchauffement de la planète, sont issus des décharges d'ordures).

- Mr PARSY affirme que la stratégie initiale de SITA était de recenser les zones géologiquement favorables (sur la base de cartes géologiques hypothétiques) et que plusieurs sites ont été prospectés, sans ne pouvoir citer un seul de ces sites.

- Mr PARSY affirme que lors de l'enquête publique pour le projet de Sauvigny le Bois (89), SITA n'a accompagné systématiquement le commissaire enquêteur qu'à partir du moment où l'association AREA l'avait déjà fait; ce qui est faux et c'est le contraire qui s'est passé (SITA était systématiquement présent, c'est lorsqu'AREA s'est rendu compte de cet état de fait, qu'ils l'ont demandé qu'il y ait équité). Pourquoi SITA accompagne systématiquement le commissaire enquêteur si ce n'est pour faire pression sur lui, et les éventuels requérants. Là dessus Mr PARSY se retranche derrière la législation qui l'y autorise.

INCOMPETENCE

- le process industriel pour la création d'un CSDU est relativement simple:
· Creuser un énorme trou : ça tout le monde sait faire (il n'est pas nécessaire d'être un professionnel du traitement des déchets pour le réaliser)
· Installer une géomembrane (fond de stockage, servant de barrière active pour éviter la dissémination des eaux contaminées par les déchets): pour cette opération, il faut faire des études pour que celle-ci garantisse sa fonction ad vitam eternam (puisque les déchets ne ressortiront jamais d'ici). Comme de toute façon, la géomembrane ne se reverra jamais (puisque enfouie sous les déchets), SITA peut se conforter en disant que le matériau utilisé remplit effectivement sa fonction. Or, dans le cas du centre de stockage du Jura, un incendie a nécessité de ressortir les déchets, et l'on s'est aperçu que la géomembrane était attaquée par les lixiviats (jus issus du lessivage des déchets)
· Pour le captage par mise en dépression du tas de déchets et le brûlage par une torchère du biogaz : les drains sensés aspirer et acheminer les gaz sont souvent écrasés par le poids des déchets et l'activité de compactage par bulldozer, les soudures ne tiennent pas non plus le choc sous la pression ; quant à la torchère, elle ne fonctionne que lorsqu'il y a suffisamment de biogaz (dans ces conditions, il est évident que peu de gaz peut arriver à la torchère): seulement 2 mois d'activité dans le cas du CSDU de Sauvigny le Bois (89) dans le rapport d'activité de la SITA en 2001. De plus, la température minimale de brûlage doit être de 900°C pour que l'élimination des gaz dangereux soit effective : dans le même rapport d'activité, il est clair que SITA table sur une température moyenne de brûlage à 900°C et non sur un minimum.
Cet aspect du captage et brûlage du biogaz est utilisé par SITA pour faire "plaisir" aux écologistes sans recherche de techniques performantes et adaptées.
Finalement dans ce process industriel simple et peu coûteux (par rapport à d'autres techniques), SITA (se disant professionnel du traitement des déchets) maîtrise techniquement l'excavation, l'apport de déchets, le compactage et le recouvrement des déchets, ce que tout un chacun est capable de faire avec des engins de chantier courants.

SITA affiche un savoir faire global du traitement des déchets devant l'administration. Pour cela la société construit effectivement des infrastructures (du type du centre de tri construit depuis 2 ans à Sauvigny le Bois), mais qui ne sont jamais mis en activité (cas de Sauvigny le Bois). Il est beaucoup plus simple et plus rentable pour SITA de tout mettre en décharge. Le contribuable paiera cependant la construction des infrastructures, dans sa facture d'ordures ménagères.

Nous voulons clamer que dans cette affaire, nous sommes tous victimes (le propriétaire du terrain le premier) d'un système monstrueux de mensonge organisé, et face à des incompétents en matière de gestion globale des déchets et à notre désavantage, très bien implantés dans les administrations !

[ haut de page ]