Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Extension prévue sur la décharge de Liancourt près de Beauvais (Oise)
trouvé sur le site des Amis du Bochet

Les inquiétudes :
- Fin avril 2001 découverte d'importantes fuites (sur l'actuelle décharge).
- La pollution de la nappe phréatique et de l'eau potable : La nappe est estimée à 30 m sous terre, sur la base de la pluviométrie exceptionnelle de 1999. En mai 2000 elle était remontée de 5 m. Le projet prévoit de creuser à 10m...
- Les nuisances routières - Risques d'accidents sur des routes fréquentées par des jeunes scolaires.
- Les pollutions de l'air et autres nuisances : dioxines, odeurs, biogaz, bruits - Les rats, goélands et autres nuisibles.
- La pollution des terres agricoles attenantes
- La modification du paysage et la dévalorisation de l'environnement dans un site inscrit
- La dévalorisation des propriétés
- Pour la nouvelle décharge, une solution pas si sûre. Un site conçu sur ce modèle a vu son exploitation suspendue pour importantes fuites de lixiviats suite à rupture de la géomembrane.

La décharge :
(…)
J. LÉRAILLÉ indique les raisons pour lesquelles la société FRANCE DECHETS (devenu depuis ECO-SITA, ndlw) qui va gérer le CSD du Bochet n'est pas digne de confiance.

Sur l'ancien site, des travaux ont été effectués à la hâte en mai pour reprendre les fuites de lixiviats. Fuites que NOUS avions détectées et dénoncées le 18 avril 2001 dans la presse.

A noter que les analyses faites par le laboratoire départemental et par l'association ont donné des résultats très différents :
* Nos prélèvements ont été faits directement au lieu d'origine des fuites. Les échantillons ont été confiés à un laboratoire indépendant qui a effectué les analyses en respectant le protocole habituel.
* La préfecture a demandé de faire des analyses de ces écoulements. C'est FRANCE DECHETS qui a indiqué le lieu du prélèvement et les éléments qu'il fallait rechercher - donc ce qu'il ne fallait pas chercher !

Une cuvette de 30 000 m3 s'est formée suite au tassement d'un massif de déchets. Fin septembre, FRANCE DECHETS a entrepris une opération de pompage de l'eau et de remise en état du site. Selon FRANCE DECHETS, l'eau contenue dans cette cuvette serait à l'origine des fuites détectées sur les côtés. Selon l'association, la plus grande partie de l'eau qui a pu s'accumuler à chaque précipitation est en train de percoler à travers les déchets.

Sur l'extension,
Lors de la CLIS du 5 septembre dernier, les Amis du Vexin Français et les Amis du Bochet ont émis de sérieux doutes sur le traitement des eaux du site. Ils ont en particulier mis en cause l'évacuation des eaux pluviales par un simple fossé "drainant".
FRANCE DECHETS avait assuré que "c'était calculé pour" mais les Amis du Bochet ont constaté qu'un bassin de réception a été creusé à la hâte en bout de ce fossé quelques jours avant l'ouverture du site.
Le président ajoute que le dossier a été réalisé sur des études pluviométriques obsolètes et que certains points du dossier sont contredits par l'expert hydrologique du département.
La recherche d'une nouvelle ressource en eau potable, qui était un préalable à l'ouverture du site (art. 58 de l'arrêté préfectoral) n'est en fait que la reprise d'une étude engagée depuis deux ans par le syndicat des eaux de Liancourt St Pierre et de La Villetertre. Cette étude, dont le résultat n'a pas été communiqué officiellement par écrit, a été faite par la D.D.A. mais sera payée par FRANCE DECHETS. Sur ce point, M. Houssin confirme que cette solution n'est pas celle attendue et donc non satisfaisante.

L'entreprise assure par ailleurs que tous les travaux ont été effectués selon les règles de l'art, mais n'a communiqué aucun document de contrôle lors de la C.L.I.S. du 5 septembre dernier. L'association conteste la technique utilisée :
- d'abord, la géomembrane utilisée pour l'étanchéité des casiers. A Graulhet dans le Tarn, la géomembrane, soumise à contraintes n'a pas tenu.
- Puis les drains. FRANCE DECHETS dit que les drains mis en place sont suffisants, mais dit qu'il suffit de nettoyer sous pression - comme pour une canalisation - si ils se trouvaient bouchés !

J. LÉRAILLÉ informe que les travaux de récupération des écoulements sur les flancs Sud et Est de l'ancienne décharge n'ont pas été faits, contrairement aux engagements de l'entreprise. Les fuites continuent !
(...)
Mme RIOU, de l'association SEYVE, présente à l'assemblée le dossier de la décharge de Villeneuve sur Verberie. Ce dossier comporte certaines similitudes avec celui du CSD du Bochet, et surtout il fonctionne depuis novembre 2000.

Il s'agit de l'extension d'une ancienne décharge; ECOSITA, l'entreprise concernée est de la famille de FRANCE DECHETS dans le groupe SITA.
Mme RIOU souligne que ce dossier, mal préparé, avait cependant obtenu après enquête d'utilité publique, un arrêté d'exploitation. L'autorisation avait été annulée suite à un recours du ROSO (Regroupement des Organismes de Sauvegarde de l'Oise) auprès du tribunal administratif. Aujourd'hui, après remise aux normes de 1997, ce centre fonctionne depuis novembre 2000.
Il y a des problèmes d'odeurs, de méthane et d'hydrogène sulfuré ainsi que de maturation des ordures. Il faut savoir qu'il existe des centres de transit où sont regroupés les déchets ménagers, ce qui fait qu'en arrivant au CSD lors de la dépose, il y a dégagement d'odeurs. Heureusement, il y a des inhibiteurs d'odeurs. Malheureusement, ceux ci tombent en panne et il faut un certain temps avant qu'ils puissent être remis en état. Il s'agit de produits importés.
Ensuite il y a eu des oublis. Par exemple, pas assez de puits pour récupérer le biogaz. Alors on perce de nouveaux puits. Oui mais les torchères, sous-dimensionnées, doivent être changées pour pouvoir absorber le biogaz issu du nouveau réseau de collecte. Et puis, il y a les couvertures de fin de semaine, cette opération qui consiste à recouvrir les déchets d'une couche de terre, pour éviter les odeurs et les envols de matières. Des fois c'est fait et d'autres fois, non. Mais on vous explique alors qu'il s'agit d'une panne de véhicule, ou qu'on a bien expliqué au personnel ce qu'il fallait faire, mais que si on ne surveille pas ...

Pour conclure, J. LÉRAILLÉ estime que ce témoignage prouve qu'on ne peut faire confiance à FRANCE DECHETS. Il réfute l'argument qui veut démontrer que l'extension du CSD de Liancourt St Pierre/Lierville est la garantie que l'ancien site sera mieux surveillé. D'abord parce qu'on a vu l'entreprise à l'œuvre, et ensuite parce que même sans avoir la gestion de l'extension, FRANCE DECHETS doit, de par la loi garantir la remise en état du site et la dépollution effective de celui-ci.

Il remet en cause la gestion même du dossier : Le préfet fait confiance au sous-préfet, qui fait confiance à l'inspecteur des installations classées, qui fait confiance à ... FRANCE DECHETS. Mais nous, nous croyons ce que nous voyons. Alors nous vérifions.

Les craintes que nous avions exprimées se sont révélées justifiées. Nos doutes sur la qualité du dossier d'étude sont prouvés par l'improvisation de FRANCE DECHETS sur le terrain. Et surtout, nous nous inquiétons pour ce qu'on ne voit pas. Ce qui se voit peut se soigner, mais ce qu'on ne voit pas ...

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