Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Bois du Roy, près de Bellac (Haute-Vienne)
La forêt ou les déchets - qui décide?

trouvé sur le Web


Je vous invite de découvrir un petit paradis:
Entrons donc dans les Bois du Roy; forêt à 2,5 km au sud-ouest de Bellac, Haute Vienne.
327 h, où des hauts chênes se dressent au ciel, dont l'ombre cache une richesse rare de flore et de faune, où des cerfs et des sangliers se promènent, où 66 espèces d'oiseaux vivent et se reproduisent; espèces rares, comme le milan noir, la bondrée apivore, le bussard Saint-Martin, le faucon hobereau. Où des ruisseaux prennent naissance et nous pouvons cueillir des muguets ou des champignons, selon la saison. Pas étonnant, que ce bois soit classé "Zone naturelle d'intérêt faunistique et floristique"...
Hélas, dans chaque paradis guette un serpent, et le grand méchant loup se cache dans le bois, prêt à dévorer une victime !
Ça arrive en 1996: L'AED (Association pour l'Elimination des Déchets) demande la création d'un Centre Départemental de Déchets Ultimes (CDDU)... dans les Bois du Roy. En suite, le projet devient CSDM (Centre de Stockage des Déchets Ménagés et Assimilés) pour permettre d'accuellir 80 000 tonnes de déchets par an sur une durée de vingt ans minimum. Déchets de toute nature: ordures ménagères, déchets industriels, des encombrants, des boues de station d'epuration, des mâchefers, vidanges de fosses septiques. Ce projet nécessite la destruction de 70 h de la forêt des Bois du Roy...
En avril 1997, le projet est pris par le SYDED (Syndicat Départemental pour l'Elimination des Déchets).Ce SYDED n'est en effet qu'un dernier maillon d'une longue chaîne, où se trouve au départ: VIVENDI universal, n°3 mondial et n°1 européen de la collecte, le tri, le traîtement et le recyclage des déchets, "World Leader in environnement service", selon leur propre pub.
Bien que le conseil minicipal de Bellac refuse à l'unanimité, en septembre 1998, le Préfet prend l'arrêté d'utilité publique pour ce projet. Alors, ARBRE entre en action. Association pour le Respect des Bois du Roy et de leur Environnement, avec environ 300 membres actifs, un bureau à Bellac avec dix personnes y travaillant bénévolement et épaulé par un avocat très motivé. Donc, en octobre 1998, ARBRE dépose un recours auprès du Tribunal Administratif de Limoges - et, oh miracle, en mai 1999, le Tribunal juge: L'arrêté de déclaration d'utilité publique est annulé ! Surtout un point de ce jugement fait sortir un problème de fond: la nécessité de prendre compte l'environnement.
Mais le SYDED s'entête et dépose un nouveau projet au même endroit. Copie du premier projet, avec toutes ses nuisances pour l'homme (poussière, odeur, gaz...), la nature, l'environnement et l'eau, sources, ruisseaux, étangs, rivières.
Il y aura encore une "enquête publique" en avril/mai 2000. Le Commisaire Enquêteur, comme par hasard, est le même que pour le premier projet. Et bien sûr, il va rendre un rapport favorable !
Victoire des déchets ?
En décembre 2000, le Préfet signe l'arrêté de déclaration d'utilité publique.
ARBRE riposte, dépose un recours au tribunal administratif, demandant l'annulation, en se fondant sur des nombreuses irrégularités, erreurs, contradictions, omissions relevées; en avril 2001, dépose une demande, visant à arrêter toutes actions, comme expropriations, déboisements, tant qu'un jugement sur le fond n'aura pas été rendu.
La suite :
Début 2002, sans attendre le jugement, sans que le préfet ait répondu aux arguments du recours, le Préfet permet au SYDED de démarrer la procédure de défrichement.
Et les habitants de Bellac et des environs, éleveurs, artisans, commenrcants, enfants et personnes agées ? C'est toute la vie, la santé, l'avenir rural, économique, touristique de cette région, qui est en cause. ARBRE, de toute facon, ne baisse pas les bras, riposte. Mais elle gêne de plus en plus ! SYDED l'attaque, la traite comme menteur, semeur de trouble. Une partie de la presse régionale montre quelques difficultés à publier les informations d'ARBRE. Et la banderole "NON à la DÉCHARGE" fait, selon un maire, fuir les touristes (contrairement aux déchets donc...)!!!
Les Bois du Roy, un exemple type, dans beaucoup de sens.
Même dans ce sens que nous sommes tous complices, plus ou moins involontaires,dans ce genre de conflit, étant entourés jour après jour par des tonnes d'emballages, plastique et d'autres; clients de ces multinationales qui empoisonnent notre terre, nos bois...
Mieux vaut la prévention que le tri !
Du travail à faire, companeros!
Dagmar Galin

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