Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Création d'un CSDU de 14 ha sur le site de Meulles
Compte rendu d'Assemblée générale, trouvé sur le Web

Association pour la protection des sites du Val Ratier de Meulles et des Moutiers-Hubert
et contre la pollution des eaux de la Fontaine Pépin et de la Touques

Compte rendu de l'Assemblée générale du 25 Octobre 2003

Rapport moral (extrait)
Nous savons aujourd'hui que le Sicdom avait depuis longtemps comme objectif de demander la création d'un CSDU de 14 ha sur le site de Meulles.
D'ailleurs Mme Meyzaud jette le masque dans un article paru au bulletin municipal [d'Orbec] du mois de Mars : "Ce projet consiste en la création, sur le site de Meulles, d'un CSDU réglementaire...". (...)

Rapport technique
Claude Brisson rappelle ensuite la définition des déchets ultimes et indique que tous les textes législatifs demandent la limitation des mises en décharge.
En particulier la directive européenne du 26 avril 1999 demande une limitation progressive jusqu'en 2017 des mises en décharges des déchets biodégradables. La priorité est au réemploi, au recyclage, et à la valorisation énergétique (Loi du 13/07/1992)
Les déchets ultimes ne seront dans l'avenir que les déchets non valorisables. (Ce qui n'est pas le cas des déchets ménagers.)
Le sous sol du site de Meulles ne présente pas les caractéristiques géologiques et hydrologiques permettant l'ouverture d'un CSDU. Les couches superficielles sont perméables jusqu'à une vingtaine de mètres, profondeur à laquelle se trouve une nappe phréatique. Cette présence d'eau est attestée dans le village par des puits alimentant l'arrosage des jardins et aux abords du site par des nombreuses sources alimentant des ruisseaux qui descendent vers la Touques.
Le site du CSDU projeté se situe à une cote NGF variant de 205 à 215 mètres. On note, au sud, la source de la Ménardière avec un départ à la cote 195 et la source du Bougel à la cote 165. Au nord du site le ruisseau du Val Raquet (Fontaine Pépin) prend sa source aux alentours de la cote 200.
Sur le flanc même de l'éperon où est situé le site, deux ruisseaux rejoignant la Touques sont figurés avec un départ à la cote 180 au sud et 200 au nord.
Ces ruisseaux correspondent à des écoulements de la nappe en période pluvieuse.
Ces constations faites à partir d'enquêtes, de reconnaissance sur place et d'examen des cartes Ign 1719E et 1714E rendent ce site impropre au projet.
Par ailleurs les géo-membranes mises au fond du stockage d'un CSDU comportent de nombreux défauts, soit au niveau des soudures, soit en partie courante par la présence de trous. (A la fabrication ou accidentels.) La norme admet un trou pour 1.500m² soit cent trous pour 15 ha.
Mais la réalité, étudiée sur un site en exploitation, indique que cette limite est largement dépassée pour atteindre 240 trous pour 15 ha.
Les causes les plus fréquentes sont le déversement des déchets, le roulage d'engins, le tassement du substratum, l'attaque de micro-organismes et les tractions sur les soudures.
Tout semble converger pour que les lixiviats polluent les terrains sous-jacents, la nappe d'eau et la Touques. Des fluctuations non connues de cette nappe peuvent encore accélérer le processus.
D'autres sources de pollution de la région seront générées par la combustion des biogaz collectés et brûlés sur le site sur une torchère. Cette combustion rejette dans l'atmosphère de l'acide fluorhydrique, du chlorure d'hydrogène et de l'acide sulfurique. Un volume annuel de déchets de 60.000 tonnes engendre un rejet de 550.000 m3 de gaz !
Les odeurs dues à ce type d'installation sont connues et le village de Meulles, situé sous la ligne des vents dominants, pourrait certains jours ne pas oublier la présence du site !
Enfin le CSDU n'est pas à l'échelle des villes de Livarot, Orbec, Vimoutiers, qui avec leurs 6.000 tonnes ne représentent qu'un dixième des déchets nécessaires à son fonctionnement.
Partant de ces constats, il nous semble que Meulles et ces trois villes sont prises en otages pour des raisons purement commerciales.

Perspectives et propositions
Après l'exposé de C.Brisson, nous voyons clairement que le site de Meulles ne se prête absolument pas à l'enfouissement profond, comme l'exige un CSDU.
Par ailleurs, peut-on, admettre sérieusement que pour traiter ses 6.000 tonnes, le Sicdom envisage, pour rentabiliser le CSDU, de faire venir 60.000 tonnes d'autres régions ?
Quand on sait que le "SIDMA coeur du Pays d'Auge" présidé par M Urien, regroupe déjà les communes du département autour de Lisieux, et qu'il va traiter 60.000 tonnes de déchets, on ne comprend pas pourquoi le Sicdom Livarot, Vimoutiers, Orbec a voulu conserver son indépendance, car M. Urien est formel : il peut absorber sans aucune difficulté les malheureuses 6.000 tonnes du Sicdom.
[Le Sidma Lisieux traite ses déchets par incinération à Lillebonne, près du Havre.]
Alors ? Nous ne voyons à cette attitude que deux motifs :
1/ Une erreur grossière du Sicdom qui pense traiter au même prix qu'au temps de la décharge de Meulles (140F la tonne) alors que le traitement en CSDU REGLEMENTAIRE portera certainement le coût aux environs de 360F la tonne (comme à Fel en ce moment). A moins qu'ils ne pensent faire des profits sur les 60.000 tonnes venues D'AILLEURS !
2/ Le Sicdom cherche un partenaire qui, moyennant l'obtention du marché du CSDU réhabiliterait l'ancien site avec la terre dégagée du trou nécessaire à l'enfouissement. Si cela est, nous avons de fortes inquiétudes sur le niveau de solvabilité du Sicdom.
Puisque la mode est à la transparence, pourrions-nous avoir la communication de ses comptes ?
Nous poserons cette question à M le Sous-préfet dans un courrier que nous allons lui adresser.
Si nos craintes se vérifient, le Sicdom sera dans l'impossibilité d'accepter une autre solution qui l'obligerait à payer intégralement les frais de la réhabilitation de l'ancien site ainsi que celle de la surveillance trentenaire.
Nous souhaitons vivement que nos craintes ne soient pas justifiées et que le Sicdom, à la satisfaction générale, rallie le SIDMA Coeur Pays d'Auge.

Clôture de l'Assemblée générale
Enfin, s'adressant à l'assemblée, le président demande que chacun soit très vigilant sur la publication d'une enquête "commodo et incommodo", car il faudra alors témoigner devant le commissaire-enquêteur de notre refus de l'enfouissement.
Il a ensuite remercié l'assistance et, sous des applaudissements nourris, a déclaré close l'assemblée générale 2003.

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