Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Incendie à la décharge de Septèmes
Plus d'un million d'arbres ont brûlé en trois jours

trouvé sur le Web

La chronologie d'un grand feu
La décharge de Septèmes, 50 hectares dans la colline, est la plus grande de la région. Elle accueille en moyenne 250 tonnes par jour d'ordures ménagères et de "déchets industriels banals", soit près de 75 000 tonnes par an.
Ce sont même 94 camions de 8 tonnes en moyenne qui sont montés le vendredi 25 matin jusqu'au site. Or, d'après la société Onyx (filiale de Vivendi, note du webmaster), qui gère la décharge, aux alentours de 11h 15, après les procédures normales d'enregistrement du contenu du camion d'un transporteur habituel, une odeur suspecte de brûlé aurait été détectée. Le contenu ayant été à nouveau contrôlé, a priori rien d'anormal n'aurait été constaté.
Mais au moment de son compactage, ces déchets se seraient enflammés. L'incendie, 5 mètres sur 5 dans le site de la décharge, semble avoir été rapidement étouffé. Malheureusement, le mistral aurait transporté un brandon 40 mètres plus loin, mettant le feu à la colline.
Les pompiers sont appelés à 11h 42 par la société Onyx et par un forestier de surveillance. Mais, quand un quart d'heure après, les marins-pompiers arrivent, il est trop tard, la colline brûle comme une torche.

A partir de là, la situation devient confuse et se dégrade :
le Centre Opérationnel Départemental d'Incendie et de Secours aurait proposé l'envoi de renforts pour juguler le foyer en développement ; ce n'est qu'après une vingtaine de minutes, alors que le feu échappait au contrôle des marins-pompiers que l'offre aurait été enfin acceptée.
les Canadairs devaient ce jour là être placés en état d'alerte à 14h 30 : à 12h 00, ils n'étaient pas prêts pour intervenir rapidement.
il a fallu attendre environ 30 mn pour qu'EDF coupe l'électricité des lignes à haute tension, celles qui "défigurent" le massif de l'Étoile, avant que les Canadairs enfin arrivés puissent larguer.

Pendant ce temps, le feu avance de 2 km en une heure dans la direction du lotissement de la Batarelle, aux confins nord de Marseille. Les pompiers réussissent à le contenir au ras des maisons. Le feu descend alors vers Château-Gombert, dans le XIIIème arrondissement. Là, quelques habitations sont touchées. Le feu saute les murets, parcourt les jardins. Vendredi soir, la résistance s'organise le long du chemin de Palama. A 21h 00, l'incendie est passé. La nuit tombe, les 9 Canadairs doivent arrêter leurs largages.
2000 hommes, 400 engins, 9 Canadairs !
Samedi à l'aube, une nouvelle ligne d'arrêt est mise en place : près de 2000 hommes, venus d'une quinzaine de départements, 400 engins au sol et toute la flotte aérienne. Vers 10 heures, l'incendie bute sur la barrière mais la contourne par le nord, dans une zone difficile d'accès. Le feu poursuit sa route vers Allauch et Aubagne. Il continue aussi à avancer vers le haut du massif, en direction du Pilon du Roi.
Vers 19 heures, le feu attaque du côté de la Bourdonnière, au nord d'Allauch, et poursuit sa progression vers La Treille et Aubagne.
Samedi, un peu après minuit, le vent tombe enfin.
Le sinistre est contenu d'une part entre la Treille et la Croix de Garlaban, d'autre part en contrebas du Pilon du Roy.
Dimanche 27 à midi, on peut penser que le feu a terminé ses ravages. Mais, 2 heures après, alors que de nouvelles colonnes de pompiers patientent à Mimet, des reprises violentes du feu embrasent le Pilon du Roi et menacent de passer la crête du massif. Les Canadairs tardent à revenir, et ce n'est qu'en fin d'après-midi qu'ils parviennent enfin à stopper cette dernière offensive.
En définitive, ce sont 3450 hectares (l'équivalent de 7500 terrains de football), soit 2000 ha de garrigue et 1450 ha de pinède, plus d'un million d'arbres, qui ont brûlé en trois jours. (...)

L'inconséquence, l'imprudence
Encore une fois, un feu est parti d'une décharge. Une décharge fonctionnant en totale légalité. Chaque année, les décharges sont cause d'incendie (5 à 10 % des feux), sans que leur localisation ou leurs conditions de sécurité soient remises en question. (...)

Le vent
En particulier le Mistral, traditionnel fléau de la Provence avec la Durance et la Tarasque.
Lorsque le vent atteint des pointes de 100 km/h, rien ne peut arrêter un feu établi.
En effet, attisées par le mistral, les flammes peuvent atteindre 10 mètres de haut (3 étages d'immeuble), et avancer par bonds (brandons ou animaux enflammés) de plus de cent mètres. D'où l'impérieuse nécessité d'une vigilance extrême dès que le vent se lève, et d'une intervention rapide et massive sur un départ de feu.
Au problème du vent se rajoutent les contraintes liées à la végétation ou à la topographie des massifs méditerranéens. Non modelées à l'usage de l'homme (ce qui en fait tout leur intérêt), les zones menacées par les incendies sont souvent, comme le massif de l'Étoile, d'accès difficile. Les données naturelles rendent souvent problématique le combat au sol du feu, et impossible un repli rapide par voie terrestre en cas de danger.

La sécheresse
Il est évident que les risques d'incendie augmentent avec la sécheresse ; la matière végétale est plus sèche, les essences (en particulier de pin) sont plus volatiles et donc plus inflammables.
Ainsi, un printemps sans pluie comme celui de 1997 présage un été difficile sur le front des feux.
De plus, les effets sont cumulatifs. C'est en effet au niveau des nappes phréatiques que doit se mesurer la sécheresse ; deux ou trois années déficitaires en pluie nécessiteront des précipitations plus importantes, durables et de bonne qualité (l'eau des orages violents n'ayant pas le temps de pénétrer dans le sol).
Par ailleurs, une journée de mistral a tôt fait d'annuler les effets d'une petite pluie.
Ainsi, même si les investissements réalisés en matière d'hydraulique depuis deux siècles mettent l'agriculture provençale à l'abri de la sécheresse, cette dernière demeure un véritable problème en zone boisée ou de garrigue. (...)

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