Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Ecopole à Ille-sur-Têt
Un millier d'Illois signe une pétition !

article de Midi Libre du 13 Décembre 2003

Pierre Vetault (1), président du CUR, le Cercle d'Union Républicaine (2), est, pour le moins, remonté... « Face au mépris et à l'ignorance des élus illois d'une part, face à l'indifférence, apparente au moins, des autorités administratives ou politiques du département (...) d'autre part, un millier d'Illois et de ressortissants des villages environnants ont signé une pétition.
« La seule réponse obtenue à ce jour aux nombreux courriers et dossiers envoyés, émane de la sous-préfecture de Prades mais ne répond en rien à nos soucis puisqu'elle fait référence à une enquête d'utilité publique qui ne se fera pas...
« J'avais écrit au maire et conseiller général d'Ille-sur-Têt, Henri Demay (PS), que le CUR, quoi que déçu que la commune d'Ille ne récupère que les désagréments de la communauté de communes quand les avantages partent plutôt sur Millas, n'était pas contre la réalisation d'un Ecopole mais désapprouvait d'emblée : la méthode utilisée, à la hussarde, faisant que ni les particuliers, ni la population en général ne soient consultés ; le choix du site, manifestement inapproprié, et le justifiait : risques de pollution des nappes phréatiques, pollution visuelle, pollution olfactive
».
Les faits : le site choisi par la municipalité d'Ille est situé à 500 mètres du panneau d'agglomération, via le village de Bouleternère. Les terrains concernés sont privés et feront donc l'objet d'une mesure d'expropriation, par le biais d'une déclaration d'utilité publique. La topographie des lieux présente une dénivellation importante vers les zones habitées et nécessite une modification du POS (3) puisque ces terrains sont actuellement classés 3 NA (zone d'urbanisation future), dépourvus de réseaux d'assainissement. La population d'Ille, selon le CUR, « est inquiète par ce projet qui dérange et, surtout, par la méthode utilisée par la municipalité qui n'a pas jugé utile d'organiser, à ce jour, une réunion publique d'informations... "La porte de la mairie est toujours ouverte", se contente d'affirmer l'équipe municipale aux commandes mais en ce cas précis, comme le disait Aragon, "l'avenir, c'est ce qui dépasse la main tendue !"... Car le risque zéro n'existe pas.
« Construire cette déchetterie sur la nappe phréatique, c'est négliger le futur et oublier le passé. Car comment oublier l'ancienne décharge (SITRU) de la route de Montalba, rapidement saturée malgré l'avis des experts ? Comment oublier le dépôt du retrait des pêches invendues, dont les effluents ravinaient 3 km plus bas, jusqu'aux anciennes tuileries d'Ille, détruisant la végétation sur son passage ?... Même si toutes les précautions sont prises, rien ne pourra empêcher la lente dégradation du système au fil des ans ; le prix d'un entêtement qui aura des conséquences néfastes sur la santé publique
».
Il y a un mois encore, Pierre Vetault écrivait au président du conseil régional du Languedoc-Roussillon, Jacques Blanc, pour souligner : « Je vous rappelle qu'il n'a jamais été question pour nous de s'opposer au projet lui-même mais qu'il s'agit de contester l'emplacement choisi, dès lors que d'autres possibilités existent, moins pénalisantes sur le plan écologique. Le blocage est total avec les élus locaux qui font une affaire politique de ce qui est une désapprobation consensuelle des Illois de tous bords. Ne pouvant porter plus avant notre opposition à ce projet sans enfreindre des comportements responsables, je sollicite votre appui pour obtenir une oreille attentive au niveau préfectoral, dans la mesure où semblent n'être écoutés ou reçus que ceux qui se marginalisent ».
L. M.

(1) Président et animateur d'un club de réflexion local et militant UMP.
(2) La Sibylle, 66130 Ille-sur-Têt.
(3) Plan d'occupation des sols.

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