Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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ENVIRONNEMENT : Polémique autour de la déchetterie de Roujan
La décharge transformée en centre d'enfouissement

Article de Midi Libre le 9 janvier 2004

Le Sictom remet le site aux normes. Les riverains auraient préféré sa fermeture

"C'est la loi. Nous devons nous y conformer. C'est une ancienne décharge, aujourd'hui illégale, qui prenait feu régulièrement et nous sommes en train de travailler à sa réhabilitation. Elle va devenir un centre d'enfouissement technique avec des casiers séparés, il ne devrait plus y avoir d'incendies. A l'entrée, il y aura des contrôles des produits déposés, des recouvrements intermédiaires périodiques, une végétalisation autour du site..." Christian Richard, directeur du Sictom de la région de Pézenas, comprend mal pourquoi les plus proches riverains font autant d'opposition à ce projet. D'après lui, il s'agit de "protéger l'environnement": "Le site est particulièrement propice d'après les géologues. Et nous ne pouvons ignorer le déficit de centres d'enfouissement dans l'ouest héraultais".
Dominique Lebel, propriétaire du château de Cassan - classé aux Monuments historiques - a des projets pour le site qu'il ambitionne de transformer en centre œnotouristique. Par rapport à la déchetterie, le château serait situé à 500 m du périmètre de sauvegarde des monuments historiques. Ernest Esclapez, le propriétaire le plus proche du centre d'enfouissement, est aussi à l'origine du différent. M. Esclapez est membre fondateur de la Coordination pour la sauvegarde de la qualité de vie à Roujan. il est un des rédacteurs de la pétition qui a circulé dans le village contre la régularisation administrative de la décharge de Roujan. il a aussi déposé de nombreuses plaintes. Sa propriété, achetée en 1999, est voisiné du futur centre d'enfouissement technique. D'après lui, la mairie a promis de fermer et de réhabiliter la déchetterie.
Robert Domps, membre actif de la coordination, habite au lotissement des Oliviers, il craint surtout pour la santé de la population roujannaise. Pour lui, le centre d'enfouissement est situé dans un courant dominant de vents nord / nord ouest qui va en direction de la commune.
Le site a été agréé pour recevoir des déchets industriels banals et des encombrants. Le tout faisant office de demandes auprès des services concernés, qui eux, sont très rigoureux. Il est dit dans les textes que les centres "classe 2" peuvent accueillir des éléments comme du mercure, de l'amiante ou des produits issus de déchets qui sont toxiques. Christian Richard et le maire de Pézenas, Alain Vogel-Siger, président du Sictom, ne veulent pas entendre parler d'intoxication. Le discours est clair: "Nous n'avons aucun intérêt à mettre la vie des citoyens en danger. Tous les produits toxiques seront refusés. Il faut comprendre que le problème des ordures est omniprésent pour un Sictom. De plus, nous ne pouvons pas établir une zone "de réserve naturelle" autour du projet de M. Lebel et du site de Cassan".
Ils sont nombreux dans le pays de Pézenas à se souvenir des bâtiments et à vouloir que ce monument soit reconnu. Etre le lieu de sépulture des Trencavel n'est pas rien pour les Languedociens. Pour les responsables du Sictom, Alain Vogel-Singer en tête, "il ne s 'agit pas de saper le travail de M. Lebel". Le maire de Pézenas se veut attentif au devenir de Cassan. Une partie de son enfance s'est passé autour des murs de l'ensemble architectural. Il fait remarquer que "le projet ne se verra pas du château" et qu'"il est possible de y discuter au sujet des panneaux indicateurs".
Le nouveau propriétaire du château de Cassan n'apprécie pas de voir installer ces panneaux indiquant la direction d'une nouvelle déchetterie, juste à côté de son bien. Et là, il faut rentrer dans les subtilités des Monuments historiques. L'architecte des Bâtiments de France, Sophie Loubens, estime que "la future déchetterie se situe en périphérie immédiate du rayon de protection généré par le château de Cassan classé parmi les Monuments historiques". Dominique Lebel conteste et fait valoir que moins de 500 m séparent le bout du chemin du Prieuré du futur centre d'enfouissement. Une confrontation d'experts semble inévitable. L'enquête publique s'étant terminée le 17 décembre, il restait deux mois à l'enquêtrice et au préfet pour prendre une décision. Passé ce délai, il reste la possibilité d'aller au tribunal.

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