Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Polémique autour du projet de centre d'enfouissement de Cazouls-lès-Béziers
paru dans le Midi-Libre du 3 novembre 2004


La gestion des déchets dans l'ouest Hérault est, on le sait, un problème épineux régulièrement confronté à l'opposition d'associations, qu'elles soient de riverains ou bien de défenseurs de la nature.
Aussi, après les divers projets présentés ça et là par le syndicat mixte ouest Hérault , celui de Cazouls-lès-Béziers qui vient de renaître récemment, est-il pointé du doigt par l'Association de défense et protection du patrimoine cazoulin (ADPPC). Car le projet de centre complet de traitement des déchets ménagers porté par le syndicat mixte et la mairie de Cazouls (dirigés par Michel Bozzarelli) et qui n'est encore qu'au stade de la pré-faisabilité, ne satisfait pas du tout ses adhérents !

C'est en effet sur le plateau des Mouchères, à 1,5 km du village, que devrait prendre place le nouveau CET : « On est au bord de l'Orb ! Il est évident qu'à terme, le fleuve sera pollué. Car aucun terrain n'est imperméable à 100 %. Et polluer l'Orb revient à mettre en danger les populations qui y puisent pour leur consommation en eau potable ! Un centre de ce type est également soumis aux incendies, aux papiers qui volent. Nous ne voulons pas que Cazouls devienne la poubelle de l'Ouest héraultais, s'insurgent les adhérents de l'association, leur président Jean-Pierre Combes en tête. Nous ne faisons pas de la politique : des centres de traitement des déchets, il en faut. Mais à taille humaine et pas à cet endroit. »

Le projet des Mouchères devrait accueillir 20 000 tonnes par an issus de collectivités environnantes soit, au total, 300 000 t de déchets sur 15 ans.

Et, outre les nuisances environnementales (pollution de l'eau mais aussi sonore et visuelle), les membres de l'association regrettent que le projet surgisse ainsi « sans qu'il y ait eu information au préalable. Ce n'est que l'alerte d'un riverain fin juin et une réunion à la rentrée qui nous ont mis la puce à l'oreille. Le 7 octobre, le conseil municipal a voté une délibération pour soumettre cet avant-projet aux Cazoulins par référendum. On a peur qu'on nous impose un projet déjà ficelé ».

De son côté, Michel Bozzarelli réfute le manque d'information : « Au cours des réunions de quartier, je porte à la connaissance de mes administrés le contenu du dossier ». De fait, le maire de Cazouls défend son projet sous deux angles. Tout d'abord, pour lui, il « y a urgence à créer des sites au regard de la loi, mais aussi parce que le coût du traitement de nos déchets à Béziers ne cesse d'augmenter. » Et du côté environnemental, le président du syndicat mixte veut rassurer : « Le plateau des Mouchères est argilo-marneux sur une vingtaine de mètres en profondeur, ce qui lui donne une bonne imperméabilité. D'autres terrains auraient pu accueillir le CET, mais ce sont des schistes et calcaires trop perméables. En outre, on ne stockera que des déchets inertisés avant enfouissement, c'est-à-dire déchargés organiquement à 80 %. Des alvéoles couvertes permettront ce traitement : les odeurs, l'envol de papiers ou le feu devraient être ainsi évités. »

Malgré toutes ces explications, les membres de l'ADPPC campent sur leurs positions, appuyés par Robert Clavijo, du Mouvement national de lutte pour l'environnement : « Si la loi était respectée, les futurs centres de stockage ne devraient recevoir ni toxiques, ni fermentescibles. Or, dans la plupart des communes, les élus refusent d'organiser le compostage ou la méthanisation des fermentescibles. Quant aux toxiques des ménages, combien de communes se soucient de les collecter pour les faire traiter ? Personne ne sanctionne ces irrégularités. Fermentescibles et toxiques continueront d'échouer en décharges. » A cela, Michel Bozzarelli souhaite répondre : « Autant que faire se peut, on va traiter les fermentescibles à la source. Dans les 10-15 ans à venir, on fera tout y arriver. »

Entre les inquiétudes des uns et les explications pour l'heure théoriques des autres, les Cazoulinscommencent ainsi à être partagés. Ils devront pour autant donner leur avis lors du référendum du 11 décembre prochain.

Arnaud CHABÉ

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