Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Déchets chimiques à ciel ouvert sur la décharge d'Hagenthal
article du site de Greenpeace

Mardi 22 février 2005
Greenpeace a découvert que Novartis, Ciba et Syngenta (la chimie bâloise) ont entreposé des déchets hautement toxiques à ciel ouvert, près de la décharge alsacienne de déchets chimiques du Letten, à 150 mètres à peine de la frontière franco-suisse.
Des militants de Greenpeace ont sécurisé ce matin une partie de ces déchets toxiques, selon des normes de sécurité individuelle et environnementale très élevées. Ils ont également balisé l'ensemble du périmètre (3 terrains de football) de la décharge à l'aide de bandes d'interdiction et de panneaux "zone dangereuse". Greenpeace entend ainsi mettre en garde les populations locales que d'autres déchets aussi toxiques peuvent se trouver dans cette zone. Ces fûts sont en fait hors de la décharge "légale" recensée par les autorités compétentes et reconnue par l'industrie elle-même, qui se doit de suivre activement le devenir de ses déchets dans l'environnement. Cette situation n'était pourtant inconnue ni des uns, ni des autres. Pour Greenpeace France, le cas est exemplaire de la politique d'immobilisme et de bienveillance envers l'industrie qui prévaut en France en matière de sites et sols pollués.
En janvier 2005, l'expertise de la chimie bâloise sur la décharge de Neuwiller était contrée par une étude indépendante commanditée par le maire(1). Le risque environnemental et sanitaire était minimisé via un échantillonnage biaisé et une recherche de substances très restreinte. Au vue d'un risque accru, le maire a mis en demeure les pollueurs pour sécuriser et planifier l'assainissement du site dans les trois mois. Cela faisait écho au plan d'assainissement de la chimie bâloise de la décharge de Bonfol(2) qui a été rejeté par les autorités jurassiennes car la sécurité n'était pas respectée et le projet largement lacunaire.
En ce qui concerne Hagenthal, les entreprises persistent en affirmant que "rien n'indique que l'homme, les animaux et l'environnement ou l'eau potable soient menacés". La DRIRE, moins farouche que ses homologues suisses, a accepté sans broncher les arguments lénifiants de la chimie bâloise.

Des militants de Greenpeace équipés de combinaisons de protection mettent en sécurité des déchets toxiques éparpillés sur la décharge alsacienne de déchets chimiques du Letten
Pourtant, les analyses effectuées en laboratoire montrent qu'il s'agit de déchets chimiques hautement toxiques pour l'homme et les animaux et de forts contaminants environnementaux. (bromoaniline, nitrobenzène, et autres dérivés du benzène, ...). Tout contact avec ces substances peut s'avérer très grave pour la santé et celles-ci menacent la nappe phréatique, source d'eau potable. Matthias Wüthrich, expert en déchets toxiques de Greenpeace, précise que "Novartis et Cie ont provoqué une série de scandales toxiques en quelques mois. Ceux-ci montrent que ces industriels ne travaillent pas de manière sérieuse et minimisent les risques de contamination. Greenpeace exige que cette tactique irresponsable de temporisation cesse immédiatement et que toutes les décharges de déchets chimiques de la région bâloise soient immédiatement assainies."
Greenpeace considère que la situation à Hagenthal n'est pas conforme à la loi et envisage de porter plainte. L'organisation adresse un ultimatum aux autorités responsables et aux entreprises concernées, qui ont jusqu'à la fin de la semaine pour sécuriser officiellement toute la zone contaminée, et engager l'assainissement complet du site selon des normes de sécurité individuelle et environnementale très élevées. "Les charges s'accumulent contre la mauvaise volonté manifeste de Novartis & Cie à assumer la totalité de leur lourd passif environnemental. Le rôle de la DRIRE devrait être de les y contraindre et non pas de leur permettre de s'affranchir de leurs responsabilités" conclut Aurèle Clémencin, chargé de la campagne Responsabilité Environnementale des entreprises.

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