Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Pierraumont : CSDU sur la ligne de partage des eaux ?
vu sur leur site, suite à un courriel

C.R.A.D. (Collectif Rural Anti-Décharges - Association Loi 1901)
Siège Social : 2, rue du Grand Jardin 88260 ESCLES
Site Internet : assocrad.com

Pourquoi nous sommes contre ce projet, et contre les décharges en général

1.- PARCE QUE ce qui est dénommé Centre de Traitement de Déchets Ultimes n'est en réalité qu'une immense décharge à ciel ouvert pour l'enfouissement en mélange des déchets industriels et ménagers de tout le département (voire de toute la région).

2.- PARCE QUE cette décharge est un site dangereux et classé comme tel, elle créerait un énorme risque pour l'eau. Outre le fait que le site convoité est sur la ligne de partage des eaux entre la Saône et le Madon, il est situé au-dessus de la nappe phréatique qui alimente en eau potable la plus grande partie des communes de l'ouest vosgien et une partie de l'exploitation des eaux minérales de Vittel et de Contrexéville. Le « substrat géologique » invoqué par la Sita n'est en réalité qu'une couche d'argile de médiocre qualité, ainsi qu'en attestent les études d'impact effectuées par deux hydrogéologues contactés par le CRAD. Le moindre accident génèrerait une pollution grave et irréversible. Un tel risque est inacceptable et ne peut être pris par les pouvoirs publics responsables de la protection de l'environnement et de la santé.

3.- PARCE QUE la santé des habitants du canton est en jeu : Des études françaises et étrangères montrent très clairement l'impact de ce type d'installation sur la santé : c'est un accroissement de 30 % de différents types de cancers (colon, oesophage, intestins...), des allergies et maladies respiratoires et dans un rayon de 10 km, la présence fréquentes de leucémies, de malformations... Et que penser de l'impact sur notre santé quand on sait qu'un arrêté préfectoral du 19 janvier 2006 article3-V, autorise l'enfouissement de l'amiante ?
Les villages de Jésonville,Vioménil, Belrupt, Escles et Lerrain sont à moins de 5 km à vol d'oiseau du site retenu. Le principe de précaution doit donc prévaloir.
4.- PARCE QUE les nuisances olfactives et visuelles seraient extrêmes. Notre canton a eu jusqu’à présent la chance de ne pas être défiguré par des activités polluantes et malodorantes. Nous avons su accepter les inconvénients de ce manque d'industries (peu d’industries = peu de ressources) en optant pour une économie plus « verte ». Aujourd'hui, tous nos efforts risquent d'être anéantis par la pollution due aux biogaz (toxiques comme leur nom ne l'indique pas), récupérés en partie mais brûlés sur place pour déshydrater les lixiviats (jus toxiques de décharge)... Quant au paysage, que restera-t-il de cette jolie prairie sur la colline lorsque SITA l'aura défigurée avec ses gigantesques travaux de terrassement ?

5.- PARCE QUE l'économie locale est fondée sur la richesse de la nature : tourisme, loisirs, agriculture, et que ce projet détruirait tout cela. Qui viendrait en vacances tout près d'une poubelle géante? Qui quitterait la ville pour une campagne polluée ?

6.- PARCE QU’elle serait préjudiciable à l'agriculture, bio ou traditionnelle, et à toute la filière agroalimentaire. En cas de problème, les sociétés qui achètent de la viande ou du lait dans le canton auront vite fait de tracer un périmètre de sécurité autour du site. Dans l'incapacité de vendre leurs produits, nos agriculteurs se verront ruinés.

7.- PARCE QUE cette implantation serait incompatible avec la charte forestière en cours d'élaboration et avec l'intérêt patrimonial, faunistique et floristique de la Vôge considéré comme exceptionnel selon une étude commanditée par M. le préfet en 2002.




Vues sur le site pressenti


8.- PARCE QU'il ne s'agit pas simplement de nos déchets ménagers : 70% des déchets enfouis sont d'origine industrielle. Deviendrons-nous la poubelle officielle du département ? Ceci est contraire à la loi ROYAL de 1992 qui stipule que les déchets des entreprises doivent être traités à proximité du lieu où ils sont produits. EPINAL, REMIREMONT et SAINT-DIE sont les trois premiers producteurs de déchets du département. Le canton de DARNEY, lui, arrive au 26ème rang sur 31.

9.- PARCE QUE les déchets seraient apportés par des centaines de semi-remorques (450 par semaine) qui, pour rejoindre la D460 sur laquelle le site est prévu, traverseraient nos villages et nos bourgs, représentant une source de pollution, de bruit et de danger.

10.- PARCE QU'enfouir des déchets non triés et non ultimes est contraire à la loi de 1992, or c'est ce qui est fait dans la décharge vosgienne de Ménarmont. La Loi n° 92-646 du 13 juillet 1992 a posé les principes suivants :
  • réduction des déchets à la source
  • obligation de (re)valoriser les déchets
  • interdiction de mise en décharge de tout déchet autre qu’ultime, c'est-à-dire non valorisable et autrement que par stockage.
Au regard de la Loi, la création d'un centre d'enfouissement de déchets du type de celui de Ménarmont serait donc illégale, puisque cela ne fait aucun cas des principes énoncés ci-dessus.

11.- PARCE QU'il y a d'autres solutions, solutions visant à la limitation des déchets et à la valorisation de ceux-ci :
  • réduction des déchets à la source grâce à la diminution des emballages et à l’emploi de matériaux recyclables ou biodégradables ;
  • intensification du tri à la source pour séparer les matériaux recyclables ou réutilisables ;
  • généralisation du compostage des fermentescibles.
La motivation pourrait venir de la redevance incitative : facturation au poids grâce à la pesée embarquée.

Nouvelles solutions de valorisation :
  • dépolymérisation ou cracking : Ce procédé australien de transformation en carburant des plastiques plats et des plastiques dits « difficiles » est en passe de fonctionner dans la plus grande partie des pays de l'UE ( 14 à ce jour ) . En France, à l'heure de l'envolée durable du prix du pétrole, on préfère faire payer le citoyen (plus de 100 euros la tonne) pour enfouir ou incinérer ces plastiques plutôt que de promouvoir cette valorisation qui est techniquement réalisable et économiquement rentable, sauf pour les enfouisseurs !
  • méthanisation : Processus de décomposition engendrant la production de gaz énergétique. La France dispose de 2 usines, alors que l'Espagne en a 6, l'Italie 8, la Suisse 12, les Pays scandinaves 32 et l'Allemagne 53.
  • oxydation hydrothermale : Exploitant un brevet du CNRS, la société Hydrothermale Oxydation Option propose une alternative économiquement intéressante pour traiter certains déchets industriels. Elle consiste à "brûler" les déchets industriels dans de l'eau portée à une température et à une pression très élevées et ceci sans avoir à mettre en place un dispositif de traitement de fumée. Source : L'Expansion Juillet-aout 2006 n° 710 p. 101 .
  • vitrification : procédé E.D.F. permettant de rendre inertes des déchets dangereux et non recyclables.

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