Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Un grand danger environnemental à Plouray
communiqué de l'A.D.P.E.V.S.C. de janvier 2008 reçu par courriel

Nous sommes tous concernés par le projet que prépare la société Guy Dauphin Environnement sur 165 hectares à Plouray, d’un gigantesque centre de… eh… oui, quoi au fait ? Le secret ayant été bien gardé jusqu’à présent, nous avons décidé de faire nos propres recherches. Nous avons fait en sorte que les informations soient aussi correctes que possible, dans le peu de temps qui nous était donné ; excusez-nous s’il y a des erreurs. Voici la bien curieuse histoire de GDE à Plouray.

Le site

Les terres vendues se trouvent à 2 km au sud de Plouray, autour du lieu-dit Cohignac. Allez visiter ce site magnifique, qui est l’un des plus beaux de la commune !

L’achat des terres

La société GDE (Guy Dauphin Environnement) a préparé l’achat de ces 165 hectares de terres dans la plus grande discrétion. Tout comme il y a quelques années à Langonnet, où GDE a proposé d’acheter des terres, sous condition que le vendeur garde la vente secrète. Qu’est-ce qu’il y aurait à cacher ? Même la DDE n’avait pas été informée.

A croire nos interlocuteurs à la mairie de Plouray, le maire et ses adjoints en auraient été informés pour la première fois par GDE, le 29 avril 2008. C’est bien étrange, car l’un des vendeurs des terres était membre du conseil municipal, jusqu’aux dernières élections communales et avait acheté ses chemins d’exploitation à la commune.

D’ailleurs, si personne à la mairie n’était au courant du projet et qu’il fallait attendre la présentation de GDE avant de prendre position sur quoi que ce soit, comment se fait-il qu’il y ait projet de rond-point prévu entre Plouray et Rosterc’h, à un endroit qui peut seulement convenir à une sortie pour GDE ? Et par quel hasard rejoindrait-il les chemins vendus par la commune en juin 2007 aux agriculteurs vendeurs !

La surface nécessaire

Environ 165 hectares ont été achetés. Cependant, la taille du « site actuel » est très variable : « 30 hectares » (Bernard Krajka à l’un des propriétaires vendeurs) ; « une quarantaine d’hectares » (Michel Morvant sur RMN) ; environ 50 hectares (Bernard Krajka sur RMN).

La raison pour avoir acheté 165 hectares : « les propriétaires concernés souhaitaient vendre toute leur propriété et non pas une partie seulement de celle-ci. » Ce qui voudrait dire que pour obtenir un terrain de 50 hectares (maxi), GDE aurait été « obligé » d’acheter, à deux propriétaires (!) des propriétés de 90 et 75 hectares, à un prix (selon nos informations) trois fois supérieur au marché.

Ensuite , on apprend dans l’interview sur RMN que maintenant les « superficies restantes » seront revendues par l’intermédiaire de la SBAFER. Y aura-t-il beaucoup d’agriculteurs intéressés par des terres juste à côté d’un centre d’enfouissement ? Si la vente se faisait, aux prix SBAFER normaux, GDE perdrait plusieurs centaines de milliers d’euros…

On a alors l’impression d’avoir à faire à une société qui est pour le moins financièrement incompétente : acheter 165 hectares au triple de leur prix, sans savoir si le projet est faisable, et ensuite essayer d’en revendre le restant à un tiers du prix. Ou est-ce qu’il y a encore des choses cachées ? Une mine d’or ?

Qu’est-ce qu’il y aura sur le site ?

A la mairie de Plouray, lundi 5 mai nous avons eu la confirmation qu’il y aurait une installation de broyage de VHU (Véhicules Hors d’Usage). Cela semblait logique, car c’est la spécialité de GDE. Le maire ayant été informé par GDE, nous en avons tiré la conclusion que cette information provenait bien de chez eux.

Ensuite, le jeudi 8 mai dans Ouest France, on apprend que GDE a présenté un projet de tri et stockage de déchets industriels banals. En même temps, « … la société (…) n’a pas encore fait d’étude de faisabilité. »

Un habitant de Plouray cherchant des informations le samedi 10 mai obtenait comme réponse qu’il y aura « un stockage ultime de carcasses de voitures, carcasses "dépolluées" et broyées dans l'usine GDE de Montoir de Bretagne. »

Finalement, Bernard Krajka sur RMN, le 24 mai : « …une activité de tri avec un centre de tri et de réception de déchets industriels banals et de métaux ferreux et non-ferreux apportés par les entreprises et les particuliers, et en plus un centre de stockage de déchets non-dangereux sur le site… » (Qui dit métaux non-ferreux dit métaux toxiques, comme par exemple le plomb des batteries récupérées.)

Il y a donc déjà eu plusieurs changements de la nature du projet : qu’est-ce que cela peut nous réserver comme « surprises » une fois le projet lancé ? Pouvons-nous croire ce qu’ils disent alors qu’ils n’arrêtent pas d’annoncer des choses différentes et qu’ils traînent une réputation épouvantable, souvent confirmée ?

Peut-être un jour décidera-t-on que le stockage de matériaux radioactifs est « faisable », comme à Gueltas ? Avec les activités des DCN de Brest et de Lorient, la base de l’île Longue et les déchets issus du démantèlement de l’ancienne centrale de Brennilis, il y en aurait facilement pour plusieurs centaines de tonnes par an. Ce serait bien pratique de pouvoir stocker tout ça à proximité, n’est-ce pas ?

Spécialisée dans le broyage des voitures, GDE n’a pas d’expérience dans l’enfouissement des déchets, ce qui ne rassure pas non plus. Leur conviction qu’il soit possible de « faire le nécessaire pour qu’il n’y ait pas d’impact » (Le Poher, 21 mai) montre bien leur niveau d’incompétence.

La capacité

GDE change aussi ses idées sur la capacité prévue. Il y a eu mention de 150.000 tonnes par an. Avec la taille du terrain, 250.000 tonnes ou plus seraient possibles. Maintenant GDE a décidé qu’il est « trop tôt » pour donner des chiffres. Jusqu’au moment où il sera trop tard ?

Eau

Sur le site de Plouray il y a une couche d’argile, plutôt rare, qui est difficilement perméable et permettrait d’y installer un centre d’enfouissement de toutes les catégories, y compris des déchets dangereux, même radioactifs.

Le site étant très vallonné, il y aura rapidement des effluents. Le ruisseau de Stanvenn traverse le terrain, avec plusieurs affluents, et rejoint l’Ellé juste au sud de Rosterc’h.

Tôt ou tard, il y aura des fuites qui pollueront l’Ellé, sur tout son cours, puis la Laïta. Rivière de première catégorie piscicole, l’une des rivières à saumon les plus anciennement réputées, elle alimente également en eau potable Gourin, Le Faouët et Quimperlé, ainsi que l’industrie alimentaire à plusieurs endroits.

Les communes bordant l’Ellé et la Laïta sont: Plouray, Langonnet, Priziac, Le Faouët, Lanvénégen, Meslan, Querrien, Locunolé, Guilligomarc'h, Arzano, Tréméven, Rédené, Quimperlé, Clohars-Carnoët et Guidel.

Air

Il y aura « des déchets qui ont une forte valeur ajoutée énergique » (Le Poher, 21 mai). Autrement dit : ils brûlent bien.

Les incendies, accidentels ou non, qui font partie de la réputation de GDE (voir par exemple l’article sur leur site à Salaise-sur-Sanne, plus loin), répandront des dioxines, entre autres, sur des centaines de kilomètres carrés dans toutes les directions, la composition des déchets prévus garantissant leur développement.

Il y aura des situations comme à Redon en 2007, où 500 kilomètres carrés étaient contaminés par les dioxines. Un bon millier de vaches abattues et incinérées à Guer (répandant la dioxine des vaches là-bas) et 6 millions de litres de lait détruits. Pensons ici aux zones de captage en eau potable, comme celles de Gourin (à côté de Rosterc’h) et de Langonnet.

Il est admis que les déchets combustibles peuvent être utilisés dans un incinérateur. Puis : « Maintenant, il est hors de question qu’une usine d’incinération soit prévue à Plouray » (Le Poher, 21 mai). Et plus tard, qui sait ? En effet, la nouvelle réglementation de l’Union Européenne veut que les déchets soient incinérés sur place. Les mâchefers d’incinérateur, très toxiques, seraient alors aussi enfouis sur place.

Une autre possibilité serait l’arrivée d’une installation de thermolyse pour « valoriser les déchets ». En matière de pollution, ce n’est pas mieux qu’un incinérateur.

Et finalement il y aura toutes les autres communes du Centre Ouest Bretagne qui seront sous la fumée dioxinique d’éventuels incendies accidentels ; dans ce cas il faut envisager un rayon d’une cinquantaine de kilomètres.

Limitrophes : Langonnet, Glomel, Priziac, Saint-Tugdual, Ploërdut et Mellionnec.

Les autres nuisances

Les estimations sur le trafic semblent très optimistes ; en partant de centres d’enfouissement de taille similaire au projet pré-projeté à Plouray on peut prévoir au moins une bonne centaine de grands camions par jour, avec beaucoup de bruits et des vibrations qui abîment les maisons.

Le bruit des machines à longueur de journée

Des mauvaises odeurs dans tous les sens , des poussières toxiques.

La destruction d’un des plus beaux coins de la commune – enfoui sous les déchets et grillagé à 3 mètres.

Dévalorisation générale de toute la région

Et la SBAFER dans tout ça ?

Un jeune agriculteur a voulu acheter les terrains ; ensuite GDE a offert le double. Le directeur de la SBAFER de Vannes a cité « une vieille loi » qui donnerait priorité à l’industrie dans ce cas-ci. C’est une loi de 1999 ; cependant, il y a eu un changement de la réglementation en 2004.

Puis, mardi 13 mai nous avons appris que la SBAFER ne serait pas d’accord avec le projet de GDE sur le terrain ? Encore des incertitudes…

Le département du Morbihan vient d’ailleurs d’adopter (le 24 janvier 2008) une charte de l’urbanisme et de l’agriculture qui donne priorité à l’agriculture : « L’activité agricole doit par exemple être réaffirmée comme activité pleine et entière. » (…) « Cette charte cherche à concilier, à long terme, l’attractivité démographique de notre territoire et à préserver une activité agricole professionnelle. »

Or là nous aurions au moins 165 hectares de terres agricoles, détruites à jamais.

La responsabilité des élus ?

A partir des différentes interviews on pourrait avoir l’impression que le maire est plutôt un porte-parole de GDE que des Plouraysiens.

Michel Morvant : « ce n’est absolument pas le projet de la commune de Plouray », « je ne vois aucune raison pour ne pas leur faire confiance » ! Peut-être bien ; mais c’est un projet sur la commune de Plouray, avec un grand impact sur ses habitants, et en plus sur les habitants des communes environnantes.

Est-ce qu’en matière de dossiers communaux il ne devrait pas y avoir un certain degré de prévoyance ? Une capacité de prévoir que les pré-projets peuvent devenir des projets ? Qui sera alors responsable une fois que les populations seront touchées par les effets nocifs (une fois que GDE aura décidé quoi mettre) ? Rappelons que le maire a la possibilité d’arrêter le projet, et que vraisemblablement selon la loi il est et sera personnellement responsable des effets de ses choix.

Conclusion

Ce qui est sûr est l’installation d’une pompe à fric sur le dos des Plouraysiens, et des habitants des communes environnantes. L’argument du retour financier pour la commune (seulement 1,5 à 3 euros maxi par tonne) serait pour les déchets ne provenant pas de GDE ; comme ils vont venir de leur site de Montoir, la commune subira toutes les nuisances, mais en plus se fera gruger !

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