Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Crégy-les-Meaux fait face à une fuite de biogaz sur une décharge
trouvé sur le site Enviro2B

Pendant l'été 1999, la décharge de Crégy-les-Meaux (Seine-et-Marne), en fin d'exploitation par Aubine-Onyx (filiale de Vivendi) fait l'objet d'un projet de réaménagement en coulée verte. L'aménageur Geca dépose dessus une couche de cinq mètres de terre et la pression exercée sur les déchets stockés engendre une fuite de biogaz. Située sur une zone d'anciennes carrières de gypse, le terrain est truffé de failles et de défauts géologiques par lesquels le biogaz peut facilement s'échapper. Ainsi conduit, il va finalement aller se loger dans les canalisations, les caves et les vides sanitaires d'un lotissement récemment construit, à une dizaine de mètres du bord de la décharge. Les odeurs inquiètent les habitants et la mairie est très vite alertée. Les habitants sont évacués et relogés à l'hôtel. Ils y resteront pendant dix jours, le temps que les pompiers identifient l'origine de la fuite et qu'Atos environnement, un spécialiste de la dépollution des sols, soit appelé en renfort par le maire de Crégy-les-Meaux.

Des moyens techniques et financiers ont en effet été débloqués par le maire de Meaux et président du Syndicat intercommunal des résidus urbains des cantons de Meaux (Siru), Jean-François Copé, malgré les notoires divergences politiques qui l'opposent au maire de Crégy-les-Meaux. Une enveloppe de crédits exceptionnels de 300 000 F pour les travaux de sécurisation immédiats a été ainsi votée par le Siru. Et la Mairie de Meaux a mis son directeur général des services techniques à plein temps sur ce dossier.
Dès son arrivée sur le site, Atos environnement pose des piézomètres pour effectuer des mesures. Puis il embraye très vite sur l'installation d'une ceinture de puits de ventilation mécanisés autour du lotissement, afin d'assainir complètement le terrain et les maisons. Pendant ce temps, tous les jours, Robert Le Foll, le maire de Crégy- les-Meaux, monte au créneau pour calmer les habitants du lotissement et expliquer l'état d'avancement des travaux. Chaque jour aussi, Atos environnement publie une note d'information à l'intention des riverains.

Lorsque les conditions de sécurité sont enfin remplies, le feu vert est donné pour le retour des habitants dans leur maison. Facture de l'opération : 6 MF. Mais le feuilleton ne s'arrête pas là.

Si la fuite a eu lieu, c'est parce que le système de dégazage de la décharge n'était pas suffisamment efficace. Pour éviter que la situation ne se reproduise, il faut entreprendre des travaux de plus grande envergure. Atos environnement, mandaté pour une expertise, en arrive aux conclusions suivantes : le réseau de captage du biogaz doit être amélioré, il faut collecter les lixiviats (jus de décharge) dont le niveau trop élevé empêche le bon fonctionnement du système de pompage du biogaz, moderniser les équipements de traitement du biogaz et enfin mettre en place une véritable gestion des eaux pluviales, qui aggravent le problème. Coût total de ces travaux : entre 8 et 10 MF supplémentaires.

L'ennui, c'est que les collectivités ne veulent pas assumer seules ce fardeau. Compte tenu de la longueur des procédures administratives et de l'urgence de la situation, un protocole d'accord entre le Siru et le fermier (ce dernier co-financerait et serait le maître d'ouvrage) permettrait d'enclencher plus vite la mise en chantier et de réduire le coût financier supporté les collectivités. Ce protocole est en cours de négociation. Par ailleurs, un expert judiciaire a été désigné pour identifier les responsabilités.

© Fanny Delanobre. enviro2B

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