Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
voir leur site

[ texte précédent ] [ retour au sommaire ] [ texte suivant ]

Décharge de Thieulloy-l'Abbaye : population sacrifiée !
trouvé sur le site de l'Association de sauvegarde et de défense du site de Gouy-l'Hôpital


Le joli petit village de Gouy-l'Hôpital se situe à quelques centaines de mètres de la déchetterie de Thieulloy-l'Abbaye et ses habitants vivent dans une atmosphère de plus en plus irrespirable. Dès que les vents sont d'ouest - et ce sont les vents dominants dans notre contrée - l'air y devient pestilentiel.

Ces odeurs délétères qui étaient encore rarement perceptibles il y a un an, sont presque quotidiennes aujourd'hui.
Or, s'il y a odeurs, il y a émanation de gaz et nous ne pouvons que nous interroger sur le degré de toxicité de ces gaz...

Ne pouvant plus vivre dans des conditions aussi insalubres, nous demandons la réalisation d'une enquête sanitaire sur les risques que les riverains exposés encourent : cette étude devra porter à la fois sur la multiplication des rats aux abords de la décharge, sur les conséquences de l'infiltration des lixiviats et sur l'émission de biogaz.
Nous demandons donc une analyse détaillée de l'air que nous respirons.

La décomposition des déchets engendre en effet du biogaz, dont la production est estimée à environ 200 m3 par tonne de déchets sur une période de 20 ans.
Ce biogaz se compose essentiellement d'environ 50% de méthane (c'est l'équivalent du gaz naturel), de 30% de dioxyde de carbone incombustible (gaz carbonique), de 18% d'azote.
Le solde contient, en plus des odeurs, une certaine proportion de gaz secondaires nocifs.

Percevoir du biogaz signifie en fait que son odeur caractéristique signale l'arrivée de gaz méthane et de dioxyde de carbone qui ne sont en principe pas toxiques, mais également l'arrivée des gaz secondaires toxiques et cancérigènes.
L'odeur est donc un bon traceur de pollution et sa détection prouve que du biogaz s'échappe de la décharge et pollue les environs.
Il faut savoir que le nez humain reste encore de nos jours le seul appareil efficace de détection des odeurs et que certaines personnes peuvent même les détecter à des niveaux très bas. Elles sont donc les premières incommodées, alors que d'autres ne trouvent rien d'anormal à signaler.

Ce sont ces gaz secondaires dont nous souhaiterions connaître la teneur !
Les principaux composants secondaires dangereux qui peuvent être en quantités significatives (de l'ordre de 1 à 100 microgrammes par m3) dans du biogaz sont :

parmi les composés sulfurés :
- le sulfure d'hydrogène (H2S), à l'odeur caractéristique (oeuf pourri) et détectable à de très faible concentration dans l'air, par ailleurs toxique à concentration élevée ;
- les mercaptans, qui libèrent une odeur de chou pourri, dont les méthyle et éthyle mercaptans sont toxiques à faible concentration ;

parmi les composés chlorés :
- le chlorure de vinyle, provenant de la dégradation biochimique de produits chlorés, reconnu comme cancérigène pour les hommes;
- les dichlorométhane, suspecté comme cancérigènes pour les hommes, tetrachloroethylène, reconnu comme cancérigène pour les animaux et trichloroéthylène, tous toxiques,

parmi les composés organiques volatils :
- le benzène, suspecté comme cancérigène pour les hommes;
- les toluène, xylène, toxiques à moyenne concentration.

Le dioxyde de carbone et la plupart des gaz secondaires ont une densité relative à l'air plus grande que 1. Par contre, le méthane, avec une densité de 0,55, est plus léger que l'air et "aspire" les gaz lourds pour leur permettre de s'échapper de la décharge et de se répandre dans les environs. A une certaine distance du site, une stratification des gaz s'effectue en fonction de leur densité et l'on retrouve les gaz lourds et toxiques au ras du sol. Ils s'écoulent comme un liquide, en suivant la topographie, évitent les obstacles naturels ou artificiels (collines, constructions, ...), mais s'engouffrent dans les vallées (vallée de Gouy-l'Hôpital et vallée de Lincheux en particulier…).

La description des gaz secondaires donne déjà une idée des "inconvénients" à respirer du biogaz. Les spécialistes ont relevé des effets toxiques, narcotiques et irritants en cas d'inhalation des composés du biogaz pris individuellement. Ils s'interrogent toujours sur les effets cumulatifs de la présence de plusieurs composés, aucune expérience systématique n'ayant encore été réalisée avec des "cocktails" de mélange de ces gaz toxiques !!!

Tout comme les statistiques montrent que les fumeurs ont en moyenne une durée de vie raccourcie de 10 ans, certains vivent cependant centenaires et d'autres meurent très jeunes. Chaque personne a donc une résistance toxicologique différente, certains étant aptes à travailler dans un milieu toxique sans en percevoir de séquelles, d'autres étant particulièrement vulnérables (enfants, malades, personnes âgées, ...).

Compte tenu de ce constat plus qu'alarmant, nous exigeons, avant tout projet d'extension que soit procédé de toute urgence à la mise aux normes de la décharge actuelle manifestement mal exploitée (torchères en panne, pas de récupération ni de traitement des lixiviats, ce qui pourtant est obligatoire…, taux de remplissage largement dépassé, milliers de mouettes en résidence malgré la présence sur le site de deux pauvres buses désabusées,...)
Face à la mauvaise exploitation du site actuel, nous ne pouvons que craindre l'extension prévue de la déchetterie de Thieulloy (surface multipliée par quatre).

Afin d'entendre d'autres discours que les leçons de civisme de la revue du SIROM des 7 cantons Tricycle (le dernier édito nous invite notamment à "prendre en compte l'aspect environnemental dans chacune de nos démarches afin de laisser une terre vivable à nos enfants" sic... ) mais aussi, pour obtenir d'autres réponses que celles qui nous sont données lorsque nous appelons le numéro vert de la déchetterie pour nous plaindre des mauvaises odeurs (ces odeurs seraient dues à une charogne morte dans notre jardin ; aux vaches de la ferme des quatre-vents ; ou à une pure invention de notre part ....), nous avons demandé un rendez-vous au directeur de la DDASS de la Somme.

[ haut de page ]