Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Mauvaises odeurs à Châtel : «Un problème technique»
trouvé sur le site de La Gruyère (Suisse)

Si 97% des déchets compactés en ballots à Châtel-Saint-Denis ont pu être acheminés à l’usine de Châtillon pour y être incinérés, un résidu d’une centaine de tonnes n’était pas transportable. Ces déchets ont été répandus sur la décharge. Les odeurs ont fait «hurler» des Châtelois...

Depuis ma fenêtre, j’ai vu les ballots de déchets qui étaient déchiquetés par trax pour être répandus sur la décharge. L’odeur était pestilentielle. Je me pose des questions. Car on nous avait dit que ces ordures devaient toutes être incinérées à l’usine de Châtillon, en fonction depuis l’été passé!» témoigne ce Châtelois qui tient à garder l’anonymat. «Ce n’est pas normal. Officiellement, la décharge est fermée depuis le 1er août 2001. On n’a donc plus le droit d’y entreposer des ordures ménagères. C’est illégal! Les communes ont payé pour mettre les déchets en ballots et nous, on paie des taxes. Alors qu’est-ce que ça veut dire?» interroge une autre personne. Des remarques de ce genre, il y en a eu plusieurs, la semaine passée dans le chef-lieu de la Veveyse. Directeur de l’usine Sorval, Alan du Pasquier confirme avoir reçu des appels téléphoniques de personnes dérangées par les nuisances olfactives et esthétiques. «La même odeur qu’il y a dix ans. On la sentait depuis l’autoroute!» affirment des riverains de la décharge.

Ballots intransportables
«A ce jour, 97% des déchets stockés dans les ballots ont été acheminés à l’usine d’incinération de Châtillon. Ne sont restés, à Châtel, que les ballots intransportables, soit une centaine de tonnes de déchets», explique Alan du Pasquier. Intransportables pour quelles raisons, ces ballots? «Parce qu’ils avaient déjà été manipulés plusieurs fois. Ils ont tellement été déplacés qu’ils ont été abîmés. Ajoutez les effets de la pluie et le lieu où ils étaient stockés, difficile d’accès. Nous n’avons pas voulu courir le risque d’un accident avec une machine. Raison pour laquelle l’option de les mettre en décharge a été prise. C’est un problème technique. Evidemment, ça impressionne, car les déchets ont été étalés. Mais cet épisode des ballots est terminé et nous sommes soulagés. Il faut que les gens patientent. Dès novembre, nous allons attaquer les travaux de couverture finale de la décharge. D’ici à fin décembre, il n’y aura plus rien: les gens ne verront plus les déchets, même si quelques alertes sont encore possibles. Le fait est que nous avons joué de malchance aussi: pas un souffle de bise. Mais il ne faut pas non plus dramatiser», commente le directeur de Sorval qui, sans nier le problème, se veut rassurant. Et réaliste: «Dès qu’on touche aux ordures, ça sent mauvais! Nous sommes bien placés pour le savoir

Du côté de la commune de Châtel, on n’est pas très content. «Le Conseil communal, pas plus que notre service technique n’ont été mis au courant de ce problème. On a appris ça par la bande. Nous ne sommes pas d’accord avec cette manière de faire, surtout que nous avions posé des conditions strictes pour l’entreposage de ces ballots que nous ne voulions pas voir stockés à Châtel jusqu’à la mise en fonction de l’usine d’incinération de Châtillon», souligne le syndic Joe Genoud.

«Inadmissible»
Selon lui, des gens lui auraient signalé des mauvaises odeurs le jour du marché de la bénichon en ville: «On essaie de dynamiser le tourisme, on fait des efforts pour contenter tout le monde, la population comme les entreprises, et voilà! Le Conseil communal entend réagir, car cette manière de faire est inadmissible», conclut Joe Genoud, qui déplore, surtout, que les autorités n’aient pas été informées qu’il y avait un résidu de déchets non incinérable. Question de principe, dit-il. A ce jour, les odeurs se sont grandement atténuées. La bise a soufflé le jour de la Toussaint...

Marie-Paule Angel / 3 novembre 2001

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