Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Une décharge d'ordures ménagères assiégée dans l'Hérault
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21/01 08:11
Installée depuis seize ans au creux des collines de ruff rouge de la vallée du Lodévois, la décharge de Soumont (Hérault) n'en finit pas d'exaspérer les habitants des villages riverains qui ont décidé de l'assiéger afin d'obtenir sa fermeture définitive.

A l'origine, le site ne recevait les ordures ménagères que de douze communes. Aujourd'hui, plus de soixante-dix villages y envoient leurs déchets. "Nous n'avons pas envie de devenir la poubelle du département", s'exclame un manifestant. Entre cinq et dix camions, d'une capacité de 15 m3, gravissent chaque jour un chemin tortueux pour déverser leur nauséabonde cargaison.

Les opposants dénoncent les conditions d'exploitation de ce centre d'enfouissement qui menace, selon eux, les nappes phréatiques et les cours d'eau en raison d'un sous- sol très fracturé et perméable.

Mère de deux enfants, Véronique Vanel, née il y a 33 ans à Saint-Martin-du-Bosc, se rappelle "l'époque où l'on pouvait encore se baigner dans les rivières. Aujourd'hui, ce n'est plus possible. Il suffit de voir la couleur de l'eau", s'indigne-t-elle.
L'odeur d'oeuf pourri, particulièrement forte l'été et diffusée par le vent, la nuée d'oiseaux survolant l'étendue d'ordures, ont aussi raison de la patience des riverains.

Moratoire

Lundi dès l'aube, la révolte a sonné. Une trentaine de manifestants ont bloqué le premier camion de la journée. Signe de leur détermination, les opposants ont monté devant l'entrée du site une baraque en bois avec chauffage et électricité, promettant de s'y relayer jour et nuit.
"Nous tiendrons jusqu'à ce que nous ayons des garanties", prévient Daniel Guibal, maire du village du Bosc et vice-président de la communauté de communes du Lodévois.
"Nous avons été roulés dans la farine", explique l'élu, en affirmant que le syndicat Centre-Hérault, gérant la décharge, leur avait promis un "moratoire" de six mois en juin dernier. Cette proposition avait permis de mettre rapidement fin à un premier blocage de la décharge, organisé à cette époque.
Mais un arrêté préfectoral de novembre 2002, qui autorise la poursuite de l'exploitation de la décharge jusqu'à la mise en place d'une "solution alternative", est ressenti comme une "trahison" dans une région déjà marquée par l'installation durant 15 ans d'une mine d'uranium de la Cogema.
"Cela nous valait déjà une image négative, mais au moins il y avait des emplois à la clé. Maintenant que la Cogema est partie, on a ce problème de décharge", peste M. Guibal.
Faute de solution, les ordures risquent de s'accumuler dans les villages.

Le syndicat Centre-Hérault affirme que les travaux de réhabilitation ont commencé et se déclare "surpris" par cette action, précisant que la "concertation devait continuer". "S'il y a eu une erreur d'interprétation, il faut discuter", souligne le service de communication. Le syndicat rappelle que les déchets acheminés à Soumont font l'objet d'un tri sélectif.

Midi-Libre : Edition du 21 Janvier 2003

L’accès bloqué par les riverains et les élus locaux

Ils l’avaient déjà fait en juin dernier, pendant trois jours. Les riverains de la décharge de Soumont et les élus du Bosc ont à nouveau, hier matin, bloqué l’accès à la décharge de Soumont, protestant contre la prolongation d’utilisation de la décharge.

« Je pense que la mobilisation est proportionnelle à la déception que nous avons ressentie, explique Daniel Guibal, maire du Bosc. Suite à nos actions du mois de juin, nous avions obtenu un moratoire. Cela fait des mois que nous nous rencontrons, que nous tenons des réunions. Il était entendu qu’aucun arrêté de prorogation ne devait être pris. L’arrêté de réhabilitation, lui, étant obligatoire. Et nous apprenons par la presse qu’un arrêté préfectoral, dont nous ignorions tout, a été pris le 20 novembre 2002. »

Alors, bien sûr, élus et population se sont sentis floués. Hier matin à 5 h, une cabane de chantier a été transportée à l’entrée du site de Soumont, et les manifestants ont rapidement investi les lieux.
« Nous occuperons le site le temps qu’il faudra, tempête Huguette, riveraine et conseillère municipale du Bosc. Nous avons commencé à établir un tour de garde. Nous y passerons aussi la nuit. A quatre, cinq ou six. Assez en tout cas pour faire une belote. »
Outre un abri pour la nuit, les manifestants ont aussi leur cantinière, qui leur prépare les repas. Au menu d’hier midi : de la daube. « Et nous avons préparé des menus pour dix jours », ajoute Huguette. Autant dire que les troupes sont remontées et prêtes à soutenir le siège.

« Si on est aussi déterminé, poursuit Huguette, c’est qu’on s’est senti grugé par le syndicat Centre-Hérault. Cet arrêté préfectoral a été pris en douce, à notre insu. En plus, pour ce qui est du tri sélectif, je peux vous dire que le lendemain de Noël, les camions ont ramassé en même temps les poubelles vertes et les poubelles grises , et ils ont tout apporté ici. »

Quant à la mairie du Bosc, qui a dépensé près de 15 250 € en études (ML du 10/01/03), elle a décidé de prendre un avocat dès hier. « Nous ne lèverons le siège que lorsqu’une solution de fermeture sera trouvée. En plus, ils perdent le bénéfice d’un accord que nous avions donné, d’accepter les apports jusqu’en juin 2003, sachant que la décharge de Saint-Pons était une alternative valable. »

Jacques Donnadieu de son côté s’est déclaré « très surpris par cette décision de bloquer la décharge. Je ne m’attendais pas à ça. Nous étions, avec la mairie du Bosc, dans un processus de concertation qui, j’espère, reprendra. Il est étonnant qu’ils n’aient pas été au courant de l’arrêté préfectoral, puisque celui-ci avait été publié dans les annonces légales de Midi Libre, et que j’en avais informé le Comité syndical, dans lequel siège Daniel Guibal. »

Hier matin, un premier camion s’est rendu sur la décharge. Arrêté par les manifestants, il a pu prévenir les autres qui, du coup, ne se sont pas rendus sur les lieux.
« A ce moment (hier, 16 h), je n’ai eu aucun contact avec les manifestants. Personne n’a essayé de me joindre, constatait Jacques Donnadieu. J’admets que les gens ont le droit de manifester. Mais la raison doit l’emporter. Ce genre de situation doit se dénouer par la parole, la discussion, la concertation. Quant à la remarque sur la collecte du lendemain de Noël, si elle est fondée, cela ne doit pas se renouveler. Mais plusieurs agents de collecte m’avaient fait part du fait que les lendemains de fêtes, les poubelles débordaient, que les gens n’avaient guère respecté le tri et avaient un peu tout mélangé. »

Daniel Guibal, pour sa part, affirme que l’on peut s’attendre à une manifestation d’élus sur le site de Soumont.
«La Communauté de communes du Lodévois nous a déjà apporté son soutien , constate-t-il. Cela fait onze communes, plus quatre ou cinq autres qui nous ont contactés. Mais là où le syndicat Centre-Hérault n’a pas compris que ça pouvait être grave, c’est que pour nous l’alternative serait peut-être de quitter le syndicat si une solution pour la fermeture de Soumont n’est pas trouvée. On a déjà une estimation où, pour un coût équivalent, voire inférieur, des privés pourraient se charger de traiter nos déchets. »
M.R.

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