Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Implantation d'un C.E.T. à Entraigues sur la Sorgue
trouvé sur le site de "Sauvons le Plan d'Entraygues"

Présentation du projet d'implantation d'un Centre d'Enfouissement Technique (*) sur le plan d'Entraigues sur la Sorgue - Département de Vaucluse - France
(*) nouvelle dénomination des décharges et autres lieux de stockage des déchets

Pourquoi les associations de protection de l'environnement des communes concernées sont-elles opposées à ce projet ?

Rappel des faits
L'état met en vente un terrain militaire d'une surface de 100 hectares situé sur la commune d'Entraigues, dans la zone du Plan. Le prix de ce terrain est estimé à 15 millions de Francs. Divers projets de reconversion de ce terrain ont été proposés à la Mairie d'Entraigues dont notamment celui d'une base nautique, génératrice d'emplois et en harmonie avec l'environnement, facteur d'enrichissement touristique pour la région. Cependant, ces projets ont été rejetés par la municipalité d'Entraigues qui a préféré donner son accord pour l'implantation d'un Centre d'Enfouissement Technique des déchets.

Les associations de protection de l'environnement de Vedène, St- Saturnin les Avignon et Entraigues sont contre ce projet pour les raisons suivantes :
Tout d'abord, à cause de la situation hydrogéologique particulière du site du plan d'Entraigues qui :
a) selon le Ministère de l'Aménagement et du Territoire est répertorié dans une zone classée "risques majeurs par inondation avec enjeu humain"
b) se trouve au cœur d'une agglomération en expansion rapide composée d'environ 40 000 habitants.

Ce projet d'implantation d'un centre d'enfouissement des déchets semble n'avoir pas fait l'objet d'une étude préalable approfondie. En effet, les deux sites départementaux, qui sont aux nouvelles normes européennes, destinés à traiter les déchets (Orange = à 15 kms et Vedène ZAC de Chalançon = à 2,5 km) sont en sous-rendement (en raison de leur grande capacité).

Ou bien, ce projet est-il plus ambitieux qu'il n'y paraît ?
Ce centre d'enfouissement est-il destiné à recueillir des déchets provenant des autres départements, voire d'autres contrées plus lointaines ? Si tel était le cas, l'adhésion des populations riveraines par la voix des élus aurait du être exigée avant toute élaboration de ce projet.

Nos questions et nos remarques
N'est-il pas possible d'aménager cet espace naturel en préservant l'environnement existant ?
Le plan, terrain militaire, aujourd'hui recouvert d'une végétation verdoyante, est délimité par :
- des terres agricoles (notamment maraîchage et vigne),
- une rivière de catégorie 1 "La Sorgue",
- des chemins et sentiers très fréquentés par les promeneurs et les sportifs.
Il abrite une faune et une flore composée de nombreuses espèces protégées.

Quelle valeur accorder aux garanties annoncées par les protagonistes du projet ?
L'analyse hydrogéologique a été réalisée par un Organisme privé mandaté par la société de traitement des déchets qui, de ce fait, est juge et partie dans ce domaine.
Les deux contre-expertises commandées par la municipalité d'Entraigues, à la suite de la demande des Associations (Commission locale d'Information de novembre 1998) sont basées sur le contrôle et la conformité de dossiers fournis par société de traitement des déchets. Effectuée par spécialiste en hydrogéologie de l'Université d'Avignon et par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières, l'étude des dossiers n'a duré qu'un mois et n'a pas fait l'objet d'une analyse contradictoire.
La barrière passive sensée protéger la nappe phréatique (située à environ 3 mètres de profondeur en temps normal) est constituée d'une géomembrane (film plastique de 2mm d'épaisseur + une couche de bentonite *argile). Elle ne satisfait pas à la protection des ressources en eau.

En cas de rupture de cette barrière passive, comment détecter, localiser et remédier à cette défaillance ?
Faudra-t-il déplacer la colline de déchets (2 millions de tonnes sur 22 mètres de hauteur) pour réparer ?
Quel crédit accorder à la garantie de non extension du site sur les 100 hectares ?
Si la zone d'activité n'est pas utilisée dans sa totalité, comment pourrons-nous empêcher la Société prestataire de s'étendre sur les 70 hectares restants ?

Les associations de défense de l'environnement des communes de Vedène, St-Saturnin les Avignon et Entraigues s'opposent à ce projet en raison de l'absence de concertation avec les Elus des communes environnantes. En effet, la procédure accélérée et la volonté délibérée d'aboutir, laissent supposer que les trois parties en présence (Etat - Mairie d'Entraigues - Société prestataire de traitement des déchets) ont réalisé un accord avant la diffusion des projets.

1) Pourquoi n'y a-t-il qu'une seule société prestataire dans le traitement des déchets sur le projet ?
2) Pourquoi n'y a-t-il pas eu un appel d'offres ?
3) Pourquoi le site d'Entraigues a-t-il été retenu ?
En effet, d'après le plan départemental, Entraigues ne faisait partie ni des 21 zones étudiées ni des 7 sites favorables.

La situation exceptionnelle et privilégiée au plan de la notoriété culturelle et touristique de notre département n'est-elle pas un atout pour des projets de développement technologique et de loisirs ?
La proximité notamment d'Avignon ville culturelle de l'an 2000 et festival de théâtre international au sein d'un département très touristique ne suffit-elle pas à rejeter un projet qui, par ses effets certains sur la pollution :
- de l'air (émanation de biogaz facteur d'odeurs nauséabondes portant sur plusieurs kilomètres, voire sur des dizaines de kilomètres en raison des vents dominants du secteur),
- de l'eau par infiltration de la nappe phréatique qui se trouve à cet endroit entre 1 et 3 mètres de profondeur.
engendrera des problèmes immédiats de santé sur les riverains et fera fuir les visiteurs et les investisseurs entraînant très rapidement une baisse de la fréquentation touristique et une dévalorisation du patrimoine immobilier.
Les conséquences économiques au plan départemental seront à la hauteur des conséquences sanitaires sur la population.

L'infrastructure routière et logistique facilitée par la proximité des autoroutes et aéroports ne suffit-elle pas à envisager des projets d'envergure économique plus ambitieux et en phase avec l'activité agro-alimentaire de notre département ?

IMPORTANT
En ce qui nous concerne nous ne sommes pas opposés à un centre de traitement des déchets. Cependant :
Nous contestons le choix géographique du site peu approprié pour l'implantation d'un CET.
Nous espérons que les protagonistes du projet ne se réfugieront pas derrière l'argument facile selon lequel les mouvements de contestation font partie des aléas et des paramètres liés à tout projet d'implantation d'un centre de traitement des déchets.
Nous disons à ceux-là qu'ils feraient bien de prendre en compte les objections légitimes de citoyens éclairés et responsables, résolus à se faire entendre.

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