Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Haro sur la décharge de Brueil
Delphine Szydlowski - Le Courrier de Mantes - 16 juin 2004

Le conseil municipal de Gargenville vote une motion de soutien aux opposants

Le conseil municipal a voté une motion pour réaffirmer son opposition à l’exploitation d’une carrière de sablon.

L’annonce de la réouverture de la carrière de Brueil-en-Vexin, par deux arrêtés préfectoraux en date du 24 février 2004, a provoqué un véritable mouvement de fronde dans le Vexin.

Vendredi soir, lors d’une séance extraordinaire, les élus gargenvillois ont voté une motion symbolique pour réaffirmer leur opposition au projet industriel présenté par la Société SITA Ile-de-France, visant à exploiter une carrière de sablon et un centre de stockage de déchets ultimes.
Par lettre du 4 février 2004, le maire de Guitrancourt Patrick Dauge, a rappellé au Préfet que cette demande n’était pas « recevable » et que « la procédure d’instruction engagée était illégale ».

L’extension envisagée est en effet située dans le périmètre du parc naturel régional du Vexin en zone forestière, zone interdisant, selon la charte, toute exploitation de carrières.
Malgré les avis défavorables de nombreuses communes et associations environnantes dénonçant les anomalies du dossier, le Préfet des Yvelines a pris deux arrêtés en date du 24 février 2004 autorisant la demande d’extension de SITA.

Les opposants ont aussitôt réagi en déposant devant le tribunal administratif un recours en annulation pour illégalité assorti d’un référé suspension contre les arrêtés préfectoraux.

Pollution de la nappe phréatique
La motion symbolique votée ce vendredi soir par le conseil municipal, vient donc appuyer cette démarche juridique.
« Le conseil municipal s’alarme et s’inquiète des risques encourus par un tel projet. Nous allons avoir un entassement de déchets dans un endroit surplombant la commune. En 1975, on a déjà perdu une première ressource en eau potable après une infiltration de la raffinerie Elf en bord de Seine. On risque aujourd’hui de mettre en péril la nappe du haut, la seule restante », tempête André Samitier.

Autre point qui soulève l’inquiétude du député maire de Gargenville, la voie d’accès qui va être aménagée pour desservir le site industriel.
« Ce sont pas moins de 13 hectares de bois qui sont menacés par le projet. Cette zone boisée et protégée se trouve sur le périmètre du parc naturel du Vexin. Il aurait dû y avoir une enquête publique sur la commune. Il ne faut pas négliger les risques encourus par la population du fait de la proximité du site à la forêt de la Chartre », poursuit l’élu gargenvillois.
Cette nouvelle voie d’accès, longue de 1 kilomètre sur 10 mètres de large, est loin de faire pas l’unanimité, surtout à Gargenville.
« Cette voie d’accès va être une source de nuisances pour la commune. Son objectif est de ramener la circulation sur le CD 130 pour éviter le transit de 150 camions jour par le hameau de la Chartre. La portion du CD 130 empruntée par les camions est très étroite et cet axe n’est pas armé pour absorber sans danger cette circulation supplémentaire ».

Mais ce qui inquiète davantage les élus gargenvillois, c’est que la rue Pierre André, constituant une partie du CD 130 est riveraine d’un groupe scolaire primaire et d’une école maternelle.
Selon la municipalité, seule la réalisation de la bretelle F 13 reliant l’actuelle déviation du CD 130 depuis son carrefour avec la RD 190 et la route dans la côte de la Chartre permettrait une sécurisation du trajet.

A l’instar des autres opposants au projet, la municipalité attend maintenant le rendu du jugement du tribunal administratif pour envisager la poursuite de son action.
Quoiqu’il en soit l’ensemble du conseil municipal s’est déclaré prêt à tout pour « ménager l’avenir de ses enfants ».

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