Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Une super-décharge de déchets à La Chapelle-aux-Pots, en pays de Bray
trouvé sur le site du Parisien

L'administration soutient le projet. Les habitants du pays de Bray, eux, sont unanimes. Ils ne veulent pas de la super décharge d'ordures ménagères qui devrait voir le jour à La Chapelle-aux-Pots, à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Beauvais.
L'année 2003 sera décisive pour le collectif anti-décharge qui regroupe sept villages et trois associations. D'ailleurs, la prochaine action de sensibilisation, autrement dit une manifestation aura lieu le samedi 11 janvier.
Une capacité annoncée de 90 000 tonnes de déchets par an dont une grande partie de déchets industriels, un trafic journalier de 44 camions (soit 8 800 par an), 20% de biogaz non collecté qui s'évapore dans la nature, une géomembrane dont l'étanchéité laisse les opposants songeurs... Les habitants des villages du pays de Bray refusent de croire à la décharge propre, au zéro risque et au zéro pollution, promis par la société Brézillon qui appartient au tout-puissant groupe Bouygues. Depuis qu'ils ont découvert à l'automne dernier ce projet, amené en douceur sur les terrains d'un agriculteur, M. Stubbe, ils s'interrogent sur la réelle nécessité de ce «centre de stockage de déchets ultimes». Est-il simplement destiné aux habitants du nord-ouest de l'Oise comme l'affirme Brézillon ou va-t-il servir aussi à enfouir des déchets provenant par exemple d'Ile-de-France ? Le doute est permis.
Mobilisation générale «Les grands groupes veulent encore faire du fric sur notre dos», lâchent en colère nombre d'habitants. Il est vrai qu'en matière de décharge le pays de Bray, qui possède un sous-sol argileux et donc en principe imperméable, a déjà beaucoup donné.
Depuis des années, les histoires de vilaines décharges ont défrayé la chronique dans cette région, la plus célèbre et la plus énigmatique étant sans conteste la décharge de Villembray. Dans ce village situé à quelques kilomètres de La Chapelle-aux-Pots, 350 000 tonnes de déchets inquiétants sommeillent depuis 27 ans, sans que les pouvoirs publics sachent quoi en faire. Alors, dans le pays de Bray, c'est la mobilisation. Pas question de voir fleurir une nouvelle décharge même si la préfecture estime que ça relève de l'intérêt général. «Nous ne voulons pas devenir une gigantesque poubelle», clament les habitants, fermement décidés à poursuivre le combat.

La Chapelle-aux-Pots : une centaine d'opposants marchent contre la décharge
(LP/A. DUMONTIER, Le Parisien , 03/11/2002)
Il fallait plus qu'un crachin pour dissuader les manifestants antidécharge de participer hier à la Marche verte, organisée par deux associations, Bien vivre au village d'Ons-en-Bray et J'aime mon village de La Chapelle-aux-Pots. Deux communes aux premières loges. En picard ou dans la langue de Molière, les banderoles d'une centaine de marcheurs affichaient leur opposition à ce projet de la société Brézillon sur le hameau de la Lhuyère, commune de La Chapelle-aux-Pots. Résidants des huit communes limitrophes ou directement concernées et élus se sont rendus sur le site.
Situé sur les terres de Philippe Stubbe où 60 ha pourraient devenir un centre de stockage de déchets ultimes (CSDU). Ce projet dévoilé lors d'un conseil municipal de La Chapelle-aux-Pots, en septembre, ne cesse de susciter les critiques. Nuisances olfactives, bruits, risques écologiques, c'est à une levée de boucliers qu'il a été confronté dès le départ. Michel Pillon, président de Bien vivre au village, et Sandrine Delecroix, présidente de J'aime mon village, association constituée pour faire barrage à la décharge, veulent par cette marche : «attirer l'attention des politiques» à trois jours d'une réunion en préfecture qui rassemblera les élus, Brézillon et les associations. Les associations déposeront sur le bureau du préfet un argumentaire d'une dizaine de pages qui renfermera les principales critiques.
«On ne nous dit pas tout» Michel Pillon s'interroge sur le contenu de cette future décharge prévue pour accueillir 90 000 tonnes de déchets par an : «47% seront des ordures ménagères. Mais on ne sait toujours pas de quoi sera constituée la plus grosse partie. Brézillon essaie de nous faire croire qu'il s'agira de palettes et de cartons.» Sandrine Delecroix redoute que ces déchets dits assimilés cachent des boues d'épuration, de l'amiante liée, voire des rebuts hospitaliers. Dans le cortège antidécharge s'étaient glissés des élus. Trois maires : Jean-Claude Boullet d'Ons-en- Bray, Francis Bellou, de Saint-Germain-la-Poterie et Gérard Hédin de Saint-Paul. «On ne nous dit pas tout. Il y aura certainement autre chose que des ordures ménagères. Le Pays de Bray a déjà payé avec Villembray. Et nous avons eu six décharges autour de La Chapelle-aux Pots
Les Verts, représentés par Frédéric Lagneau, secrétaire départemental, et Régis Lecuru, conseiller municipal de Beauvais, les avaient rejoints : «Le traitement des ordures, ça devrait être un service public. Pas une affaire entre un propriétaire privé et une entreprise. Chacun devrait gérer ses déchets. Et je ne pense pas que les 90 000 tonnes proviennent de la région», s'interrogeait Régis Lecuru.

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