Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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PAYS BASQUE INTERIEUR
HASPARREN - La SITA se fâche

article de Sud-Ouest le 7 août 2003

La SITA exploite le centre d'enfouissement, elle menace de ne plus siéger à la commission de surveillance

La société SITA, gestionnaire du centre d'enfouissement d'Hazketa à Hasparren, se fâche. Elle a adressé un courrier au président de la CEMIS par lequel elle menace de ne plus siéger lors des réunions contractuelles de cette commission. La CEMIS est la Commission extra-municipale d'information et de surveillance du centre d'enfouissement. Elle comprend des représentants de la municipalité, de l'association Hazketa 2010, des riverains, du Conseil général, de la DRIRE (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) et de la SITA/FD, société exploitante.

La SITA reproche aux membres de l'association Hazketa qui participe à la CEMIS de ne pas respecter les avis des différents autres membres de cette commission. Elle demande un engagement à plus d'honnêteté de la part des représentants de l'association Hazketa. Ceci fait suite à la publication d'un tract qu'elle joint à son courrier.

Ce tract, les habitants du canton d'Hasparren l'avaient auparavant reçu dans leur boîte aux lettres. Au verso, l'association Hazketa 2010 posait plusieurs questions sous le titre "Aujourdhui qui mène la barque? ".
Elle s'interrogeait sur "qui va décider ou qui a décidé ou que réserve-t-on aux Haspandars?". Puis elle précisait : "Alors que le syndicat mixte Bil Ta Garbi se structure et que les voix des élus et des responsables administratifs se font discordantes, des propos contradictoires et certains silences laissent présager des plus mauvaises décisions pour les sites de Lamarka et Hazketa".

Au milieu du texte, on pouvait noter: "La gestion des sites d'Hasparren est confiée à une société privée. L'exploitant SITA France Déchets, filiale de la Lyonnaise des eaux, est en position forte. Les sites sont idéaux pour y mettre la zone d'enfouissement et l'incinérateur". Incinérateur qui devrait selon Hazketa 2010, être implanté à Hasparren, mais dont elle ne parvient pas à avoir la confirmation de la part des différents responsables élus ou administratifs. Au recto de ce tract, un historique retraçait les événements depuis 1994 sur la gestion des déchets et sur le rôle joué par France Déchets devenue SITA.

Un rapport inquiétant. Le courrier de mécontentement de la SITA est arrivé un mois après la remise de son rapport annuel d'activité, contesté par la CEMIS, le 10 juin. Celle-ci dénonce : "A l'examen du tableau des effluents rejetés, on peut constater que de nombreux résultats dépassent largement la norme et de façon permanente pour ce qui est de la DCO et du MEST. Pour ce qui est des métaux lourds, seuls figurent quatre résultats sur onze : le chrome hexavalent et le plomb, dont les normes sont expressément prévues par l'arrêté préfectoral, ne sont même pas mentionnés. Le mercure et le zinc seraient également en dépassement".

"L'analyse de la concentration en HS et en mercaptans précisée par le rapport détermine une concentration en H2S de 763 mg/Nm3 soit 503 ppm. Or, en 2001, cette concentration était qualifiée de forte" alors qu'elle était de 617 mg soit 407 ppm".

Le rapport de la SITA peut être consulté en mairie.

Une analyse en souffrance. L'argent est aussi un problème de la CEMIS. En effet, une analyse de l'air a été souhaitée par un riverain en raison de la présence de certaines odeurs, lors de la réunion du 11 juin. La subvention de fonctionnement allouée à la CEMIS n'étant que de 1500€, les fonds manquent donc pour cette analyse dont le coût est supérieur.

Les choses devraient cependant pouvoir s'arranger. En effet, une solution devrait avoir été trouvée. La municipalité d'Hasparren financerait cette analyse. La SITA de son côté accepterait un protocole d'accord rendant possible cette analyse, car elle n'est pas obligée contractuellement à s'y soumettre. Les riverains vont donc pouvoir connaître la qualité de l'air qu'ils respirent.

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