Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Mobilisation contre le centre de stockage de déchets de Lanvaux
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Octobre 1999
«Nous avons gagné une bataille, il nous faut maintenant gagner la guerre !» Le discours d'ouverture de Catherine Morel, présidente de l'Association de Défense et de Protection des Landes de Lanvaux, en dit long sur la déterminantion de ses membres. Vendredi soir à Molac, ils étaient nombreux à assister à l'assemblée générale de l'association.
Les groupes Bouygues et Vivendi, via leurs filiales Coved et Geval, projettent de construire un centre de stockage de déchets sur le site de La Louisiane, en plein massif de Lanvaux.
Le projet, jugé recevable par la préfecture, passera en enquête publique dès le 2 novembre prochain, en même temps qu'un projet similaire lancé par la société Charier à la Vraie-Croix.

L'ADPLL appelle donc à une mobilisation massive des riverains, mais aussi à «tous ceux qui refusent que le Morbihan soit la poubelle de la Bretagne». En effet, l'un des arguments des opposants au projet, est qu'une décharge supplémentaire, capable de stocker 85.000 tonnes de déchets par an, est inutile : «Le département collecte déjà un excédent de 100.000 tonnes de déchets, provenant pour la plupart des départements limitrophes».
De plus le site de la Louisiane est classé ZNIEFF, zone d'intérêt faunistique et floristique, et a été recensé pour le projet Natura 2000.

Une manifestation des opposants aura lieu le 11 décembre prochain.
Anne-Sophie Audran - Copyright © LE TELEGRAMME

Déchets à Lanvaux : nouvel avis défavorable
Août 2000
Le projet de centre de stockage des déchets de La Louisiane, sur les communes de Molac et Le Cours, à l'extrémité est du massif des landes de Lanvaux, est jugé incompatible avec la sauvegarde du milieu naturel par la commission d'enquête. Elle vient de rendre un avis défavorable.
Le 5 février dernier, les opposants au projet avaient matérialisé la hauteur qu'atteindraient les déchets si la décharge devait voir le jour, en faisant flotter à 29 m au dessus du sol un ballon gonflé à l'hélium.
L'avis de la commission d'enquête chargée d'examiner le projet de centre de stockage de déchets des sociétés Coved et Géval, des filiales des groupes Bouygues et Vivendi, n'emporte pas la décision du préfet, attendue à l'automne (1), mais constitue une incontestable victoire pour les opposants regroupés au sein de l'association de protection des landes de Lanvaux.
En 1999, la Direction régionale de l'Environnement (DIREN) avait elle aussi donné un avis défavorable au projet.

29 mètres de hauteur
Sur le site de la Louisiane, les sociétés Coved et Géval prévoient de stocker chaque année 80.000 tonnes de déchets industriels banaux provenant de l'est du département du Morbihan, selon un système de casiers en élévation qui atteindrait, sur un point culminant d'un hectare, une hauteur de 29 mètres.
Pour la commission d'enquête, la « réalisation de ce centre est incompatible avec la nécessité de sauvegarder le milieu environnant ». Précision qui a son importance : les landes de Lanvaux sont classées en ZNIEFF, c'est-à-dire en zone naturelle d'intérêt faunistique et floristique.
«Le massif a été écorné quand la route nationale 166 est passée à deux fois deux voies et il ne reste plus que cinq kilomètres entre la route qui relie Le Cours et Saint-Guyomard et la voie nouvelle qui va de Bohal à Molac. Pour desservir ce centre, il faudrait créer une bretelle de raccordement de 1.800 mètres qui serait elle aussi destructrice de l'environnement», constate Pierre Le Ténaff, l'un des commissaires enquêteurs.
L'emprise foncière du centre de stockage des déchets serait de 40 hectares dans une première phase mais atteindrait, à terme, 200 hectares.

170 millions de francs d'investissement
Outre les déchets industriels banaux (classe 2), le centre aurait vocation à accueillir 6.000 tonnes de déchets inertes (classe 3) ainsi que 20.000 tonnes de déchets ménagers lors des arrêts techniques d'usines d'incinération. Au total, le centre pourrait recevoir jusqu'à 142.000 tonnes de déchets par an, dont une partie en provenance des départements limitrophes. Le projet des filiales de Bouygues et Vivendi représente un investissement de 170 millions de francs.
La dimension du projet, jugée excessive par les opposants, son impact sur la qualité paysagère mais aussi les risques de pollution de la nappe phréatique - un point sur lequel la commission estime ne pas avoir suffisamment d'éléments pour se prononcer valablement - ont été au centre de débats nourris et à l'origine de plusieurs manifestations depuis le début de l'année.
Pas moins de 661 interventions, dont 655 défavorables, ont été portées sur les registres au cours de l'enquête publique qui s'était déroulée du 2 novembre au 17 décembre tandis qu'une pétition a recueilli 2.900 signatures.

Projet concurrent
Rappelons que le projet concurrent présenté par l'entreprise de travaux publics Charier, installée à Montoir de Bretagne et Theix, prévoit la création d'un centre d'enfouissement, d'une capacité de 55.000 tonnes annuelles, dans une ancienne carrière à La Vraie-Croix. Ce projet a reçu un avis favorable de la commission d'enquête avec, cependant, une réserve d'importance : le demandeur n'est pas propriétaire de la totalité des parcelles sur la bande d'isolement de 200 mètres autour de la zone d'exploitation.
Roland Fléjeo

(1) Le projet doit également être examiné par le conseil départemental d'hygiène. [ retour ]

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