Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Les déchets, à Villeveyrac, on connaît !
texte trouvé en mars 2003 sur le site de Villeveyrac.com (qui n'est plus accessible)

Problème contemporain par excellence, le traitement des déchets concerne particulièrement les villeveyracois, puisque sur le territoire communal sont implantés:
Un Centre de tri.
Un Centre d'Enfouissement Technique.
Une plateforme de compostage (en cours de réalisation).

Un rapide survol du Plan départemental peut apporter quelques informations complémentaires.
Ou peut être préférez vous savoir comment fonctionne la CLIS?
Mais l'actualité commande, nous évoquerons d'abord le scandale du Centre de tri.

SCANDALE AU CENTRE DE TRI
Une décharge clandestine à proximité immédiate des lotissements à Loupian !
Plus de 1900 m3 d'ordures sont stockées, dans le hangar du CCNBT, chemin de Cambelliés, au Clos Verdier, en plein milieu des lotissements, défiant toutes les règles de salubrité publique, et au mépris total des habitants, de leur sécurité, de leur environnement et de la loi !
Le centre de tri de Villeveyrac ne suffit plus à traiter tous les déchets qu'acceptent les dirigeants du complexe OIKOS. Les stocks s'accumulent et débordent jusqu'à Loupian ! C'est une association de protection de l'environnement qui essaie d'alerter les autorités sur ce délit. Les dirigeants d'Oïkos, propriétaires des déchets, expliquent que la situation est provisoire et due à des difficultés techniques. Selon eux, la situation devrait être résolue rapidement. Le scepticisme est de rigueur, lorsqu'on sait que l'inspecteur des installations classées n'était même pas informé après plus d'un mois de stockage, et que la seule autre solution pour absorber ce surplus, vu la capacité de traitement actuelle, serait d'enfouir ce stock dans le C.E.T. de Villeveyrac, ce qui n'est bien sûr pas légal. Les loupianais en ont pour des semaines à vivre parmi ces ordures, en priant le ciel qu'aucun incendie ne vienne accélérer le processus. Les responsables de la C.L.E (association qui a découvert le pot-au-roses) ne font aucun commentaire sur la réaction des organismes et autorités consultés : de la gendarmerie de Mèze, à la mairie de Loupian, en passant par les dirigeants d'oïkos, les responsables de la Communauté de Communes, et les services de la DDASS. Depuis hier, lundi 12 février 2002, ils sont tous informés.

LE COMPLEXE OIKOS
C'est la CCNBT, (Communauté de Communes du Nord du Bassin de Thau) qui gère cette structure. Le Président en est Mr Yves PIETRASANTA, le vice-président délégué aux relations avec les collectivités locales et au centre de tri Oïkos en est Mr Jean Bruno BARUCCHI.
Le complexe Oïkos situé à Villeveyrac regroupe plusieurs éléments distincts :
Le Centre de tri.
Le Centre d'Enfouissement Technique.
Une plate forme de compostage (en cours de réalisation).
Les ateliers et garage des véhicules du CCNBT.

LE CENTRE DE TRI
Date d'Ouverture : 19 août 1997.
Implanté au lieu-dit "Le Sesquié", d'une superficie de 1800 m2 sur une superficie d'1 ha.
Capacité: (Théoriquement) devrait permettre le traitement de 5000 tonnes par an, ce qui correspondrait à 100 000 habitants.
Investissement: 7 573 000 Frs H.T. (36% du conseil général, 17% d'Eco-Emballages, 13% de l'ADEME et 33% du CCNBT).
C'est au Centre de Tri que sont acheminés vos poubelles bleues, une fois par semaine. En l'an 2000 ont été triés et recyclés :
Le papier, journaux, magazines (1787 tonnes),
Le carton (1495 tonnes),
Les briques alimentaires (40 tonnes),
L'aluminium (5 tonnes),
L'acier (101 tonnes),
Le PET (les bouteilles plastiques 207 tonnes)
Le PVC (autres bouteilles plastiques (5 tonnes),
Le PEHD (les flacons plastiques 57 tonnes).

Ces déchets proviennent, en l'an 2000, de plus de 24 communes :
CCNBT: Bouzigues, Gigean, Loupian, Mèze, Montbazin, Poussan, Villeveyrac.
SIVOM VENE ET MOSSON : Cournonterral, Cournonsec, Fabregues, Laverune, Murviel, Pignan, Saussan, St Georges d'Orques.
SIVOM MER ET ETANG : Frontignan, Sète.
COMMUNAUTE DE COMMUNE DE FAUGERES : Faugères, Laurens, Caussiniojouls, Cabrerolles.
BEZIERS
AGDE.

Mais le problème c'est que les refus de tri sont enterrés dans le C.E.T. juste à côté. Or, celui-ci n'a théoriquement le droit de ne recevoir que les déchets d'origine des 7 communes du CCNBT. C'est donc en toute illégalité, et sans aucune indemnité pour la commune de Villeveyrac, que nous récoltons les ordures d'une bonne partie du département. Il s'agit là d'un véritable détournement des textes, où l'exploitant se moque de la législation et des habitants.
Pire, en janvier 2002, on a constaté que le Centre de Tri était incapable de gérer l'ensemble des déchets qui arrivent à flots continus. Le hangar de stockage, qui devait stocker occasionnellement, et provisoirement, les arrivées des poubelles bleues, est saturé, "à bloc". Et la "solution" trouvée, est catastrophique : Les exploitants n'ont rien trouvé de mieux que d'envoyer le surplus dans un hangar à Loupian ! L'ancien hangar du CCNBT, chemin de Cambellies, au clos Verdier, contient à ce jour dans les 2000 m3 de déchets. En plein milieu des lotissements, au mépris des habitants, des règles d'hygiènes et de salubrité publique, des risques d'incendies, de la protection de l'environnement, et de la législation. Un scandale que l'association de protection de l'environnement de Villeveyrac dénonce (voir plus haut) mais qui souhaite laisser l'initiative aux loupianais.
Le Centre de Tri du CCNBT connaît d'autres problèmes de fonctionnement, il suffit d'être attentif aux conditions de travail des employés, par exemple. Mais cela est un autre sujet...

LE CENTRE D'ENFOUISSEMENT TECHNIQUE
La décharge contrôlée d'ordures ménagères de Villeveyrac, existe officiellement depuis 1979 (Autorisation préfectorale N°79-72 du 23 juillet 1979). Elle fait l'objet d'une demande d'extension le 21 décembre 1993, puis devient un C.E.T de classe II par l'Arrêté préfectoral, N° 95-1-3620 du 24 novembre 1994. Sa durée d'exploitation, selon celui-ci est de 25 ans à partir de cette date. La responsabilité de l'exploitant, le CCNBT, couvre les 30 années suivantes, sans aucun nouvel apport.
L'Art 1.3 précise :"La présente installation est réservée au stockage de déchets ménagers et assimilés provenant des communes desservies par le SINBT [devenu CCNBT depuis], ainsi que les mâchefers d'incinération, jusqu'au 30 juin 2002 au plus tard et pour un volume maximum de 64 500 m3. L'exploitation de la présente installation pour le stockage des résidus ultimes du traitement des déchets ménagers, tels que définis au Plan Départemental, pourra être effectuée dès lors que la totalité des aménagements prescrits par le présent arrêté auront été réalisés et pour un volume maximum de 85 500 m3."
Désolé de vous imposer ce texte rébarbatif, mais il est la base même de ce que les villeveyracois vont être obligé de supporter pour les années qui viennent. La première partie (les déchets ménagers) va s'achever prochainement (30 juin 2002), mais elle a été réalisée dans des conditions absolument déplorables. Juste pour vous faire une idée, voici un résumé des principales erreurs :
EAU: Les risques de pollution des eaux souterraines, et donc de l'étang de Thau, ne sont absolument pas maîtrisés : la sécurité est basée sur la supposée imperméabilité naturelle des sols, aucune barrière de sécurité active (type géomembrane) n'est mise en place à ce jour !
AIR: Les 37000 tonnes d'ordures (minimum officiel en 2000) déjà accueillis sur le site, se décomposent depuis 5 ans sans aucun dispositif de traitement des gaz de décomposition, et contribue donc à la pollution de l'atmosphère.
SECURITE: Il a fallu l'intervention de la C.L.E. pour interdire les brûlages quotidiens et volontaires sur le site, au mépris des normes de sécurité élémentaires et de la santé des ouvriers.
VOISINAGE et PROXIMITE : Les nombreux déchets qui jalonnent la route, depuis le village jusqu'au C.E.T., rivalisent avec ceux qui traînent dans les vignes et autres parcelles voisines. Les camions arrivent, souvent non-bâchés, et sans contrôle réel (certains chauffeurs disposent de la clé d'accès, des camions viennent décharger en dehors des heures d'ouverture, la nuit, etc.)
Bref, un manque de rigueur, lourd de conséquences.

Ces quelques éléments suffisent à démontrer que ce Centre d'Enfouissement Technique, fleuron de la technologie écologique mézoise, n'est rien d'autre qu'une grosse décharge !
Et n'a rien à voir avec ce que devrait théoriquement être un C.E.T. On s'étonne ensuite que la population n'a pas confiance, et que personne n'en veut.
La CLIS : Cette Commission Locale pour l'Information et la Surveillance, est crée par le Préfet et à pour objet de promouvoir l'information du public sur les problèmes posés en ce qui concerne l'environnement et la santé humaine par la gestion des déchets dans sa zone géographique de compétence, elle est, à cet effet, tenue régulièrement informée (Décret N°93-1410 du 29 décembre 1993). Le Préfet de l'Hérault, à donc créer cette CLIS, pour le C.E.T. de Villeveyrac le 29 décembre 2000 (Arrêté N°2000-I- 4346). Depuis, les membres de cette commission n'ont été réunis qu'une seule fois ("régulièrement informée", laissez moi rire…). Les représentants de l'association de protection de l'environnement ont mis en exergue l'ensemble des dysfonctionnements évoqués dans les paragraphes précédents, et même davantage, mais sans obtenir de réponses satisfaisantes. D'ailleurs même les questions doivent être gênantes, puisque, selon un courrier du Président du CCNBT, le Préfet ne souhaite pas en diffuser le compte-rendu. Cela ne nous étonne qu'à moitié, dans la mesure où le cas se présente également pour la CLIS de Lunel. Les autorités préfectorales ont une drôle de vision de l'information du public...

LE PLAN DEPARTEMENTAL
La récente révision du "Plan Départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés de l'Hérault" détermine les conditions dans lesquelles nos ordures devraient être traitées.
Le dossier est complexe, aussi nous contenterons-nous d'en décrire les grandes lignes.

Le zonage : L'Hérault est partagée en 2 zones (EST et OUEST) à l'intérieures desquelles la plupart des ordures peuvent librement circuler. Mais, une tolérance, pour "les résidus d'une filière de traitement" ainsi que "les déchets verts, les résidus de l'assainissement et de l'épuration des eaux usées et la fraction fermentescible des ordures ménagères destinées à être traités" peuvent être accueillis dans une autre zone dans une limite de 30 kilomètres par rapport aux limites de la zone d'origine. D'une hypocrisie remarquable : regardez une carte qu'avec cette tolérance de 30 km, d'un coté ou de l'autre de la limite centrale, les déchets peuvent être transportés sur plus de 75% du département. Concrètement, cela signifie que si les déchets de Béziers étaient incinérés à Lunel, le Plan départemental n'y verrait pas d'inconvénients !
Remarquons que les incinérateurs de Lunel et Sète sont dans la zone EST, et qu'il n'y a pas d'incinérateur dans la zone OUEST.

Les filières de traitements sont encadrées par des objectifs de valorisation sur 4 niveaux :
Niveau 1 : Tri et Recyclage. Objectif d'un recyclage minimal de 28%.
Niveau 2 : Tri et valorisation organique. Obj: valorisation minimale de 17%.
Niveau 3 : Incinération. Destruction maximale de 37%
Niveau 4 : Stockage des ultimes. Enfouissement maximal de 18%.
Vaut mieux pas chercher à savoir comment ils vont vérifier les valeurs chiffrées de ces objectifs, parce que si on se fie aux valeurs déclarées par les exploitants...
Par ailleurs, un recensement des capacités de traitement et de stockage actuellement disponibles dans le département [de l'Hérault] fait ressortir un déficit d'environ 200 000 t/an par rapport au gisement à traiter. Oui, vous avez bien lu, le terme employé est "gisement". Peut-être comprendrez-vous mieux le sens que donnent les investisseurs comme la Lyonnaise des eaux ou la Générale des eaux, au mot gisement, quand un incinérateur représente un marché allant, pour 1 incinérateur, de 250 MF à 1 milliard (37,5 Millions d'euros à 150 millions d'euros). Il va de soi que ce ne sont pas nos représentants qui paient de leurs poches ! La facture se retrouve sur la feuille du contribuable : A Lunel, les contribuables ont eu droit à 120% d'augmentation entre 1998 et 1999. Pour plus de précisions consultez le site : incinerateur.multimania.com
Si on évoque tout ça, c'est tout simplement parce que c'est ce qui nous attend : à partir de juin 2002, nos ordures passeront par l'incinérateur de Sète, pour revenir à Villeveyrac, sous forme d' "ultimes", et enterré à Villeveyrac, pour des années...
Et non seulement, on aura droit aux ultimes d'une bonne partie du département (voir les explications sur le zonage du plan départemental), mais de plus il nous faudra payer le traitement à Sète, on aura donc droit à une augmentation substantielle de nos contributions. On paie pour vivre dans la m....
Et les Dioxines, c'est cadeau ! (potentiellement cancérigènes selon l'organisation mondiale de la santé). Dormez, braves gens, tout va bien.

Quand à ce qu'on appelle la valorisation organique vous ne serez pas déçu non plus. Concernant les boues et composts à base de boues, la valorisation agricole est envisagée pour plus de 80% des tonnages ! On a juste oublié qu'il fallait peut-être tenir compte des agriculteurs. En fait, si les agriculteurs n'en veulent pas, c'est pas parce que ces produits peuvent effectivement contenir des éléments indésirables ou et pathogènes, mais à cause d'un "manque très sérieux et profond de communication sur les déchets organiques". Texto dans le document fourni pour l'enquête publique sur la révision du plan départemental. Pour ceux qui n'ont pas bien compris : il suffit de bien leurs expliquer, à ces paysans, et ils le prendront ce putain de compost de boues !

Et en ce qui concerne les autres produits (composts d'ordures ménagères, FFOM, DEV et mélange) c'est encore plus simple : aucune réglementation en ce qui concerne leur production et leur utilisation !
Allez, on vous épargne le sort des DIB (Déchets Industriels Banals) et des DTQD (Déchets Toxiques en Quantités Dispersées, genres piles, accumulateurs, médicaments, etc…).

Un dernier petit mot sur la réduction à la source dont la mise en œuvre passe par une communication intense et adéquate, parfaitement ! Et on compte sur vous pour une action individuelle! ( en gros, ceux qui veulent moins de déchets, n'ont qu'à acheter des produits qui ont moins d'emballages).
Voilà, résumé lapidairement il est vrai, l'avenir des ordures dans notre département. On est sauvé !

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