Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Le combat de Lignairolles (Aude)
texte trouvé sur le site Ascodel

Quoi de neuf ?
Le 20 avril 2001, le Tribunal Administratif, s'appuyant largement sur les critères émis par les Commissaires Enquêteurs (dont l'avis, il faut le rappeler était défavorable) et sur les requêtes déposées par : BROUILLON DE CULTURE, ASCODEL et l'AAFDC, a ordonné la suspension de l'arrêté du Préfet de l'Aude du 20 janvier 2001.

Objectifs de l’Association
L’ASCODEL a été créée dès le début du mois d’octobre 1998 afin de s'opposer au projet d'une décharge de 100ha dans le département de l'Aude.
Le choix d’un avocat, Maître ROCHE, spécialisé en droit de l’environnement, constitue alors l’objectif de base de la stratégie de l’ASCODEL.
Les membres de l’Association, appuyés par un réseau d’élus et de personnalités diverses, dans l’Aude et dans d’autres départements, alimentent le dossier juridique.
L’ASCODEL a refusé dès le début de participer aux réunions organisées par le SYDOM, sachant qu’une perte de temps en résulterait, l’intérêt du SYDOM étant plutôt de justifier et d’expliquer le choix de la décharge de Lignairolles, plutôt que de donner aux associations des éléments permettant de le combattre.
Le refus de l’ASCODEL de participer aux réunions de la CLI (commission locale d’information) va dans le même sens.
L’ASCODEL a choisi de privilégier l’information donnée aux populations locales, concernées prioritairement par la décharge, mais aussi d’informer de façon plus générale en s’adressant par voie de tracts aux habitants de CARCASSONNE, NARBONNE, LIMOUX et CASTELNAUDARY notamment.
Des réunions publiques et des manifestations ont été organisées, à l'initiative de l'ASCODEL ou de TERRE PROPRE, autre association opposée au projet de décharge. L’ASCODEL oriente son action dans le domaine juridique, mais aussi économique et politique, le problème de décharge étant étroitement lié à ces deux aspects.

Historique
Le projet de CET (centre d'enfouissement technique) sur un terrain d'une surface de 100 ha, a été connu des habitants et des élus concernés par voie de presse, en juin 1998.
Il semblerait qu'en matière de décharge, cette pratique soit relativement courante :
les décideurs, craignant une opposition des populations concernées, tentent le plus souvent un passage en force.
Le Conseil Général de l'Aude et le SYDOM (syndicat départemental des ordures ménagères) choisissent dès le départ cette approche, pourtant vouée à l'échec : on n'impose pas un projet CONTRE le peuple.
Dès lors les citoyens créent des associations, prennent des avocats et s'opposent, par tous les moyens légaux à leur disposition.
L'ASCODEL a essayé d'anticiper les étapes du projet afin d'empêcher les décideurs d'arriver à leurs fins, d'où la nécessité de connaître impérativement nos adversaires et leur statégie :
- Le SYDOM , présidé par A. BAUDA : l'ASCODEL a choisi de boycotter les réunions de cet organisme.
- Lorsqu'un projet est arrêté, en l'occurence un centre d'enfouissement, filière retenue par le Plan départemental des ordures ménagères, il ne sert à rien de "négocier" en présentant d'autres techniques possibles : les décideurs ne reculent jamais.
- Le CONSEIL GENERAL, présidé par M. RAINAUD : l'ASCODEL a démontré sous diverses formes (tracts, intervention lors de réunions publiques ou non) l'absence de concertation ayant prévalu au projet.
Une connaissance approfondie des forces politiques du département s'avérait donc nécessaire.
Le PREFET : l'ASCODEL lui a rappelé qu'il dépendait du Ministère de l'Intérieur. Suite à des attentats (non revendiqués et condamnés majoritairement par les associations), celui-ci s'était engagé à ce que les coupables soient arrêtés et punis.
Un Préfet a des responsabilités en matière de Sécurité Publique : au-delà des "effets médiatiques", les propos du représentant de l'Etat sont restés lettre morte.
Les associations dérangeant le Pouvoir en place, les tentatives d'intimidation ont commencé : les interrogatoires ont permis aux forces de police de mieux connaître les opposants.
Au lieu de créer des brèches, ces méthodes ont au contraire eut un effet rassembleur.
Dans l'arsenal déployé, n'oublions pas la condamnation du Maire de LIGNAIROLLES et de ses adjoints à 15 jours de prison avec sursis et 10000F d'amende, pour avoir rouvert un chemin pourtant reconnu communal qui traversait la propriété convoitée par le SYDOM.

Deux ans et demi plus tard, où en est-on ? Les Commissaires Enquêteurs ont donné le 3 novembre 2000 un avis défavorable au projet.
Le Préfet a choisi de passer outre en signant le 20 janvier 2001 l'arrêté d'exploitation.
Les associations vont maintenant demander au Tribunal Administratif l'annulation de l'arrêté.
L'ASCODEL a distribué entre octobre 1998 et février 2001 plus de 30000 tracts. Les élections municipales passées nous ont permis de compter les victimes de la décharge parmi les élus favorables au projet :
- Le maire d'ESCUEILLENS ne s'est plus représenté,
- celui de CAUDEVAL a été remplacé,
- la liste pro décharge qui se présentait à BELVEZE du RAZES n'est pas passée et a été battue avec un écart important de voix,
- le Maire de Mazerolles a été détrôné... etc... (cf article de presse "raz de marée anti-décharge")
L'ASCODEL a dénoncé la politique environnementale et économique du Maire de LIMOUX et critiqué la position de Maryse ARDITI, candidate des VERTS aux Cantonnales à NARBONNE (mais non élue) tous deux favorables à la décharge de LIGNAIROLLES.
Nous nous sommes déplacés à GRENOBLE (Congrès du PS) en novembre 2000 afin d'exposer les griefs à l'encontre de la majorité départementale, puis à TOULOUSE (Congrès des VERTS).
Parce qu'ils sont rares à nous avoir soutenu, l'ASCODEL réaffirme ses remerciements à
- Brice LALONDE (Génération Ecologie),
- Antoine WAECHTER (Mouvement des Ecologistes Indépendants),
- Jean-Luc BENNAHMIAS (Verts) et
- Noël MAMERE (Verts).
En tant que Ministre de l'Environnement, Dominique VOYNET est intervenue auprès du Préfet de l'Aude afin de savoir pourquoi il n'avait pas suivi l'avis des Commissaires Enquêteurs et pourquoi l'absence de concertation a prévalu dans ce dossier.
L'ASCODEL la remercie également.

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