Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Clarac: la décharge qui menace la campagne ariégeoise
texte trouvé sur le site de l'Humanité Presse

Un petit coin de campagne du joli nom de Clarac, à flanc de colline. En contrebas la rivière, où frayent la truite et le goujon. Tout autour, des bois profonds entourés de fermes. Ce coin de France sera-t-il demain un immense dépotoir? 'C'est une véritable aberration', tempête Eric Delatour militant écologiste. L'objet de son courroux? Un projet de décharge qui pourrait prochainement défigurer le site. Il souligne qu'en raison de l'inclinaison du terrain, 'les eaux souterraines et de surface polluées par les déchets se déverseraient immanquablement dans l'Ariège, avant d'achever leur course dans le petit village de Saverdun'.
'Il s'agit d'une décision autoritaire prise sans la moindre concertation avec les élus des communes concernées' renchérit Elysée Lanta, conseiller municipal communiste de Saverdun. A Saverdun, où, à l'unanimité, le conseil municipal (16 socialistes, 5 communistes et 5 représentants de la droite) a voté contre le projet.

Ici, l'émotion est grande depuis ce mois de novembre dernier où le conseil général annonçait sa décision d'implanter un 'centre d'enfouissement technique' d'une capacité de traitement de 50.000 tonnes/an (200 tonnes/jour) sur le plateau de Clarac. Un terrain de 80 hectares situé entre les communes de Saverdun et du Vernet, en surplomb de la rivière... Décision plus que surprenante - même si le conseil général a proposé une manne de 12 francs par tonne au Vernet - quand on sait que ce site n'avait fait l'objet jusque là d'aucune étude. Pas de trace de Clarac dans le plan départemental de traitement des déchets défini en février 1995 après quatre années d'enquête d'utilité publique. Elle concluait notamment à la fiabilité de sept sites répondant aux critères d'accès, d'imperméabilité du sol et d'éloignement des populations. Pour leur part, l'union départementale et le personnel CGT des syndicats intercommunaux en charge du traitement des ordures dans plus de 100 communes du département, avancaient des propositions, créatrices d'emplois, pour un service public non polluant et au meilleur prix pour les usagers.
Enquête, propositions et plan semblent avoir été relégués au tiroir. Inquiets, les riverains ne tardent pas à créer une association contre la décharge. Entre autres opposants au projet, les écologistes de 'Basse-Ariège Environnement' et les communistes dénoncent les nombreuses nuisances qu'engendrerait le CET. 'Ce type de centre d'enfouissement, sans tri ni traitement préalable, est, depuis 1986, le lot quotidien des habitants de Montech dans le Tarn-et-Garonne. Quatre ans après sa mise en service, il dégage des gaz de fermentation nauséabonds (à raison d'un volume de gaz de 880 m3 pour une tonne d'ordures) dont on ne connaît pas pour l'instant l'impact sur la santé des riverains', remarque Roger Vidal, habitant et élu de Saverdun. D'autre part, les habitants rejettent la perspective de voir ce site de basse-montagne défiguré par la construction très coûteuse d'une infrastructure routière nécessaire à l'acheminement des déchets. Ils mettent en garde toutes les communes en aval de la rivière, jusqu'à Toulouse, des risques qui les guettent.

Loin de vouloir léguer à d'autres communes le dépotoir dont ils ne veulent pas, les riverains estiment le projet totalement démesuré par rapport aux véritables besoins de la population locale. 'Nous voulons, comme à Saverdun, des décharges à dimension humaine. Pour nous l'avenir passe par un tri sélectif et le recyclage des déchets avant incinération', argumentent les habitants.
Certains soupçonnent l'appétit d'un ténor industriel alléché par le marché, d'avoir pesé sur la décision du conseil général. Ils notent, comme le soulignait Sylvie Mayer, chargée des questions de l'environnement au PCF, lors d'un récent débat à Saverdun, l'interêt financier grandissant d'entreprises comme la CGE, la Lyonnaise, EDF, SAUR pour le traitement des déchets. Des intérêts qui sont loin de s'identifier aux solutions les plus respectueuses de l'environnement.
De notre envoyée spéciale,
JEANNE LLABRES

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