Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
 

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Télévision - émission "Complément d'enquête"
La France cernée par ses poubelles

diffusion le lundi 14 juin 2004

Rappel des faits
Toutes catégories confondues (déchets ménagers, industriels, agricoles ou du Bâtiment et travaux publics), nous produisons chaque année, en France, 650 millions de tonnes de déchets. Dans les 47 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés pris en charge par les municipalités, la production par Français représente un kilogramme par jour, soit près de 375 kg par an.
Le nouveau ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Serge Lepeltier, a annoncé qu'il souhaitait déposer un nouveau projet de loi sur la gestion des déchets avant fin 2004. Depuis la loi de 1992, on estime que son coût a doublé.

Les mesures grand public
Déjà en février 2004, son prédécesseur, Roselyne Bachelot, avait présenté un plan d'action préventif. Deux axes concrets étaient proposées aux consommateurs : l'autocollant "Stop pub" et la diminution de l'utilisation des sacs en plastique.
En novembre 2003, la grande distribution s'est engagée à réduire de 20 % en trois ans le nombre de sacs non recyclables distribués en caisse. En Corse, les sacs plastiques ont déjà disparu à la sortie des supermarchés.

Le traitement des ordures ménagères
La modernisation du parc des incinérateurs aurait entraîné une forte diminution des émissions de dioxine de ces usines : elles seraient passées de 1,1 kg en 1995 à 115 g en 2003. L'objectif à atteindre en 2006 est un rejet de dioxine de 20 g par an, soit "l'ordre de grandeur que l'on retrouve chez nos partenaires européens".
Les trente-six incinérateurs polluants encore en exercice en 2002 sont aujourd'hui fermés. Cependant, les associations écologistes continuent de dénoncer les risques pour la santé et pour l'environnement à proximité de ces centres de traitement.
Au niveau du recyclage des déchets d'emballage, la Commission européenne a fixé à 55 % les objectifs à atteindre d'ici à 2008. Pourtant de nombreux efforts restent à faire : les boîtes qui entourent les téléphones portables dans les magasins représentent, par exemple, vingt-cinq fois le volume de l'appareil lui-même !

La malédiction du plastique est peut-être levée
Par Dominique Dhombres, dans Le Monde, 16 juin 2004

Le sac en plastique , voilà l'ennemi. Les Français en utilisent 15 milliards par an et ne les recyclent guère. Or c'est pratiquement éternel, le petit sac de plastique blanc que la caissière du supermarché nous tend machinalement et que nous emportons non moins machinalement sans penser à mal. On le retrouve accroché aux arbres et jusqu'au fond des océans. Le sujet de "Complément d'enquête", lundi soir sur France 2, n'était pas gai. Que faire des 180 millions de tonnes de déchets produits chaque année en France ? Les enfouir ? Les brûler ? Evidemment, on aimerait mieux ne pas y penser, mais les petits sacs en plastique se rappellent fatalement, un jour ou l'autre, à notre bon souvenir.

La solution est le tri, et le recyclage. Mais la vertu ne paye pas toujours. Un reportage édifiant montrait ces camions furtifs qui emportent les ordures consciencieusement triées par des citoyens vertueux, en Alsace, pour les déverser pêle-mêle dans le grand incinérateur auquel les communes du voisinage se sont liées, par contrat, pour plusieurs décennies. Pour faire du feu, il faut du combustible, et donc une certaine proportion de plastique. Tant pis pour le recyclage s'il faut alimenter ces incinérateurs installés à grands frais, ces dernières années, un peu partout en France.

Un chercheur anglais s'est mis en tête de savoir ce que devenaient les fameux sacs en plastique lorsqu'ils étaient parvenus jusqu'à la mer. Les oiseaux et les poissons les mangent. Le mouvement des marées finit par les déchiqueter. Mais ils sont toujours là, sous forme de fragments minuscules, voire microscopiques. C'était la grande surprise de cette émission. Lorsqu'on analyse les sédiments marins prélevés au hasard sur les côtes européennes, on trouve désormais une proportion effarante de plastique : environ un tiers du total.

L'autre grand moment de ce "Complément d'enquête" était l'étrange machine construite par une savante indienne, qui ressemble de façon hallucinante (la machine, pas la dame) à celle du film de Michel Audiard 'Elle cause plus, elle flingue'. Dans le film, Annie Girardot, princesse d'un bidonville, recyclait tout ce qui lui passait par la main, y compris des gardiens de la paix en uniforme. A Bombay, cette scientifique fait entrer le plastique par un bout et il en ressort du pétrole. C'est peut-être la fin de la malédiction des sacs en plastique.

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