Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Les Problèmes liés au site
extrait du dossier remis par Patanarès à M. le Commissaire-Enquêteur

1. La géologie

Le site étudié par la SITA se trouve sur une double faille géologique coulissante Nord Sud. Cette faille est encore active : la région a enregistré un séisme de magnitude 3,5 sur l’échelle de Richter en janvier 1986 dont l’épicentre se trouvait au hameau de Rubio (commune de Riols) à portée de voix du site, sur la même faille.

«Dans la carrière de Bégot, un contact anormal majeur, plongeant à 70/80°SE, sépare les grès verts de Marcory de calcaires dolomitiques broyés dévoniens appartenant à la zone du Saint Ponais. Celle ci correspond à la fois à la base de la nappe de Pardailhan, au raccord entre Minervois et nappe de Faugères…» (p-64, B. GEZE, éd. MASSON, Guides Géologiques Régionaux)

A Crégy le Meaux (Seine et Marne), les biogaz se sont infiltrés dans les failles situées sous la décharge et sont ressortis dans les habitations alentours. C’est la pression exercée sur les déchets stockés par la terre de recouvrement qui a conduit à cette situation.

De même, sur le site prévu pour la décharge nous avons des failles qui présentent des risques d’infiltrations de toxiques et de fuites de gaz. (les failles sont le lieu de circulation préférentielle de l’eau souterraine).

Enfin, le cabinet d’étude géologique Géovision recommande :
- de choisir des sites qui n’ont pas déjà été sollicités, isolés et plats
- d’avoir un substratum non rocheux, homogène, argileux d’au moins 10m d’épaisseur
- d’avoir un coefficient de perméabilité inférieur ou égal à 1x10-9 m/s sur le fond et les flancs du centre de stockage.
- d’éviter tous les problèmes d’instabilités de terrain, les hétérogénéités majeures.

2. L’hydrologie

Les 5 carottages effectués sur 50m de profondeur dans le cadre de l’étude du site par la SITA, n’ont pas mis en évidence la présence d’eau. Ce qui signifie que toutes les roches traversées sont extrêmement poreuses. Phénomène géologique très courant dans la région (cf la source de Malibert dans le Pardailhan)

3. La météorologie (précipitation et vents)

L’étude des vents sur le site n’a pas été faite. La rose des vents utilisées dans le projet, est celle de la ville de Labruguière (à 40 km de Saint Pons, dans une zone d’influence océanique, tandis que la ville de St Pons se trouve dans une zone de triple influence montagnarde, océanique mais avant tout méditerranéenne). Les vents dominants à Labruguière sont les vents d’Ouest. A St Pons, les vents marins (du Sud) sont très fréquents et parfois violents. Or la ville de St Pons se trouve au Nord du projet, dans l’axe des vents.

Les maxima de précipitations relevés l’ont été à l’échelle d’une dizaine d’années. Nous constatons aujourd’hui, avec les crues du Gard (dits orages Cévennols), qu’il faut se baser sur des données centenales afin de limiter les risques dues aux aléas climatiques.

Les bassins de rétention des eaux pluviales et lixiviales sont donc sous dimensionnés. (le site fait 9ha, il peut pleuvoir 20cm d’eau en quelques heures, ce qui fait un bassin pluvial de 18 000m3).

4. Une zone à risque majeur d’incendies de forêt

Nous sommes dans la forêt dite de protection des Avants Monts. Cette zone a été classée par la DDAF dans le SDAFI (Schéma Départemental de l’Aménagement de la Forêt contre l’Incendie) comme un secteur à risques majeurs d’incendies.

Peu de départs de feu sont constatés, mais le risque est majeur. Aucune coupure verte n’a été évoquée pour isoler ce site du reste du massif forestier.

5. Les variétés spécifiques de la région   voir le document DIREN

6. Un site au sein du Parc du Haut Languedoc

Quel développement choisit-on pour la zone Est Hérault ?
- Soit nous continuons, dans l’esprit des Chartes du Parc et du Pays, à promouvoir un espace de nature, valorisant les productions agricoles, la qualité de vie, l’écotourisme
- Soit la communauté de commune du Saint Ponais sort de cette démarche, et se lance dans un développement industriel, en privilégiant l’implantation de carrière, décharge, centre de traitement, carrefour et centre logistique.

7. L’incompatibilité avec les activités économiques et humaines de la région

7.1 La proximité d’une Carrière en activité

Les tirs de mines pour l’exploitation de la carrière Carayon (fabrication de granulats routiers), risquent de provoquer des mini-séismes, des mouvements de terrains et des affaissements touchant les zones de stockage des déchets et les bassins de lixiviats. Ces tirs de mine sont ressenties jusqu’en dans la ville de St Pons lorsqu’ils se produisent.

Les carrières ont déjà un impact marqué sur l’environnement. La carrière Carayon doit encore être exploitée pendant environ 10 ans (étant donné les besoins du Sud du département de l’Hérault et les capacités de la carrière).

« Ces effets sont sensibles sur l’atmosphère en raison des bruits, vibrations et poussières, sur les paysages, les cultures, la flore, les forêts, le patrimoine culturel et sur les milieux aquatiques (eaux superficielles et souterraines et écosystèmes associés). Il faut y ajouter l’impact lié au transport des matériaux entre les sites d’extraction, les installations de transformation et les lieux d’utilisation. » DRIRE Languedoc Roussillon – schéma 34

De plus le Parc Naturel Régional du Haut Languedoc est un espace n’interdisant pas de plein droit l’exploitation des carrières mais présentant une sensibilité forte (espace de catégorie 2 DRIRE)

Il serait donc dangereux écologiquement de juxtaposer ces 2 activités nuisibles pour l’environnement : carrière et décharge.

7.2 Les activités humaines

Agriculture de qualité :
- nombreux agriculteurs en démarches officielles (AB),
- Navets de Pardailhan,
- Marrons d’Olargues,
- Forte implantation d’apiculteurs sur le site, et mise en place de ruches par des apiculteurs transhumants
- Pisciculture de salmonidés
- Filière viticole (Berlou, St Chinian, Roquebrun)

Chasse : risque de contamination de la faune sauvage par la qualité des eaux, de l’air, et à cause des produits de dératisation et des nuisibles morts.

Cueillette des champignons : les habitants de la région et des alentours consomment beaucoup de champignons. La zone est un important lieu de récolte. Or les champignons concentrent les toxiques (dioxine, sulfures…)

Qualité de vie : Toutes ces activités que l’arrière pays biterrois met en avant et utilise pour son développement touristique seraient menacés par la proximité du CSDU.

8. La saturation des liaisons routières existantes

« Le trafic sur la RN 112,(…) dépasse largement à l’heure actuelle sur certains tronçons, le seuil d’encombrement. Si la totalité du parcours n’atteint pas de tels « sommets », le contexte environnemental (contingences de la montagne), le niveau de l’infrastructure, le trafic des poids lourds (près de 10% du trafic global ; soit le double de la moyenne nationale) ne permettent pas aujourd’hui de drainer de façon satisfaisante ces flux.
A cela il faut ajouter un nombre d’accidents largement supérieur à la moyenne nationale (à distance et infrastructures équivalentes).
Ainsi en 1998, entre Béziers et Albi, ont été dénombrés 263 blessés et 26 tués ; soit près du double de ce qui est en moyenne constatée sur 140km de route nationale
. » Association Interrégionale pour l’Aménagement de la Liaison Routière Tarn-Hérault, siège social : CCI de Béziers-St Pons, B.P. 371, 34 504 BEZIERS Cedex. (cette association regroupe les organismes consulaires, les maires des communes traversées, les Conseils Généraux du Tarn et de l’Hérault, les Conseils Régionaux de Midi-Pyrénées et Languedoc- Roussillon, des Députés et des Sénateurs)

Une des sections les plus dangereuses est la traversée des Avants Monts avec le col du Poussarou et les nombreux virages en lacets.
« Les transports routiers sont particulièrement intenses sur cette artère, avec un trafic poids lourds qui peut atteindre 20 à 30% du trafic total. La RN 112 est donc avant tout une artère de communication inter-régionale pour les échanges commerciaux. Elle présente un intérêt stratégique pour l’économie du Pays Saint Ponais (...). Le trafic routier a d’ailleurs augmenté de 20% depuis 1989.
La RN 112 draine également à partir du printemps, vers le mois de mai, les habitants du Tarn ou de la Haute Garonne qui « descendent » le temps d’un week-end, vers le bord de la mer. La RN 112 est aussi une voie d’accès pour toute une population pendulaire qui rejoint régulièrement les résidences secondaires très nombreuses sur le Pays.
A partir de la mi-juin débute la saison touristique qui voit considérablement augmenter de près de 60% le trafic sur la RN 112, avec un passage estival de 8222 véhicules/jour en 1993 sur la ville de St Pons.
»
CIHEAM-IAM, diagnostic d’un territoire : cas de la charte intercommunale du pays de St Pons, oct 1995.

La RN 112 et les axes secondaires sur St Pons sont déjà proches de la saturation. Pour l’économie du Pays de St Pons, il est vital que le trafic soit réservé à un flux enrichissant en termes d’échanges commerciaux.

Il devient par ailleurs urgence de repenser le transport en zone de montagne et de s’intéresser de nouveau à la ligne ferrée Montpellier - Clermont l’Hérault -Bédarieux-St Pons - Mazamet - Toulouse.

Enfin le site de Tanarès est excentré par rapport à la zone de collecte des déchets, ce qui multiplie les nuisances dues au transport.

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