Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Article de presse paru le 11 septembre 2002
extrait du dossier remis par Patanarès à M. le Commissaire-Enquêteur

Le centre de stockage souterrain de déchets ultimes de Stocamine en proie à un incendie

Le premier centre français de stockage souterrain de déchets ultimes est en proie aux flammes depuis hier matin, dégageant pour l’instant uniquement des émanations de dioxyde de soufre d’après les autorités préfectorales. Une soixantaine de pompiers ont été mobilisés pour éteindre cet incendie qui s’est déclaré à 4h30 du matin à 535 mètres de profondeur dans d’anciennes galeries de sel gemme du centre de stockage Stocamine. Ce site de stockage, opérationnel depuis le 10 février 1999, est installé sur l'ancien carreau de la mine Joseph-Else, à Wittelsheim, à proximité de la ville de Mulhouse (68).

A 18h30 hier soir, l’incendie était maîtrisé mais toujours pas éteint. La cause de l’incendie est encore indéterminée mais, d’après les secours, ce seraient les emballages des déchets ultimes qui auraient pris feu, emballages constitués de palettes de bois et de sacs plastiques (big-bag d'1m3 à double sache).

Grâce à l’installation d’une conduite d’eau dans la galerie en feu et à l’obstruction des arrivées d’air, l’incendie a pu être neutralisé mais les pompiers, secondés par des équipes de mineurs, continuent d’arroser la zone où le feu couve toujours.

Le site Stocamine renferme actuellement environ 36 000 tonnes de déchets dits "ultimes", c'est-à-dire qui ne peuvent plus subir de réduction à la production, de valorisation ou de traitement quelconque dans les conditions techniques et économiques actuelles. Il a reçu l’autorisation d’en stocker presque neuf fois plus, soit 320.000 tonnes.

Sont acceptés au fond de la mine les résidus provenant de l'incinération des déchets, les sels de trempe neutres, nitrités, barytés, les sels de trempe cyanurés, les déchets arséniés, chromiques, mercuriels, les terres polluées et les résidus souillés par les métaux lourds (cuivre, zinc, cadmium, plomb, fer, thallium, étain, ...), les résidus de l'industrie électronique, les déchets de galvanisation, les produits phytosanitaires non organiques, les catalyseurs usés, les déchets de laboratoire (déchets toxiques, en quantité dispersée et stabilisés) ainsi que les déchets contenant de l'amiante.

Par contre Stocamine n’a pas l’autorisation de stocker des produits radioactifs, des produits toxiques biologiques, des produits volatils, des produits inflammables, des produits gazeux, des produits liquides, des produits thermiquement instables, des produits volumétriquement instables, des produits réagissant avec l'eau, des produits réagissant avec le sel et des produits indéfinissables.

Par principe de précaution, la préfecture a ordonné la fermeture de trois écoles élémentaires, de deux maternelles et d’un collège de Wittelsheim pour hier et aujourd’hui mais aucune mesure de confinement des populations n'a été instaurée. La préfecture a prévenu que certains « phénomènes d'irritation sans gravité sont susceptibles d'apparaître chez les personnes sensibles (asthmatiques notamment)».

Cet incendie risque d’alimenter un peu plus la polémique au sujet du stockage souterrain de déchets à risques et de leur contrôle à long terme. Même si le site de Stocamine ne contient aucun déchet radioactif, les opposants au stockage souterrain de ce type de déchets peuvent maintenant prouver en grandeur nature qu’un incendie se déclarant à 600 mètres sous terre peut provoquer une pollution en surface, même minime… pour l’instant.

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