Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?
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Peut-on faire confiance aux privés ?
Dépêche AFP transmise par Pascal Desjours

Ouverture d'une information judiciaire après la fuite de dioxine en Savoie

ALBERTVILLE (Savoie), 13 jan (AFP)

L'association Acalp, qui réunit des riverains d'une usine d'incinération de déchets à Gilly-sur-Isère (Savoie), fermée en octobre 2001 après une fuite de dioxine, affirme lundi que l'exploitant, la société d'incinération Novergie, savait que son usine était extrêmement polluante.

"Des analyses pratiquées fin juin 2001 dans les fumées de l'incinérateur de Guilly sur Isère, à la demande de votre société, analyses validées par le cabinet Veritas", ont donné le "résultat surprenant de 1.285ng/m3 soit près de 13.000 fois la norme de 0,1 ng/m3 admise pour un incinérateur de plus de 6 tonnes/heure", écrit l'Acalp dans une lettre ouverte au PDG de Novergie.

"Connaissant les risques pour la population", l'Acalp interroge: "Que s'est-il passé entre ces analyses et celles commandées par le SIMIGEDA quelques mois plus tard révélant 75 ng/m3 et motivant la décision préfectorale de fermeture de l'usine le 25 octobre 2001?", et elle demande pourquoi la direction n'a pas fermé l'incinérateur dès la première alerte.
Interrogé par l'AFP lundi matin, le siège parisien de Novergie a évoqué "des difficultés d'interprétation des taux de dioxine mesurés", et promis un communiqué pour l'après-midi, texte qui n'était toujours pas rédigé lundi à...

Le 12 mars 2002, l'Acalp (Association citoyenne active de lutte contre les pollutions), la CFDT, la Confédération paysanne et deux associations de défense de l'environnement avaient porté plainte pour "empoisonnement, mise en danger délibérée d'autrui, coups et blessures involontaires, abstention délictueuse, homicide involontaire".

L'usine de Gilly avait fermé le 26 octobre 2001.
Des mesures d'interdiction de vente du lait et d'abattage des animaux avaient été prises le 27 novembre.
6.875 animaux au total ont été abattus, 2,23 millions de litres de lait et 24 tonnes de produits laitiers ont été détruits, et 10.000 tonnes de foin pollué ont été retirées, selon la préfecture.

Selon Acalp, la dioxine serait à l'origine d'une forte progression du nombre des cancers. A Grignon (1.800 habitants), situé à 600 mètres de l'incinérateur, 78 cas de cancer ont été relevés en dix ans, dont 24 cas dans la même rue.

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