Projet de centre d'enfouissement de déchets ultimes
Une super décharge dans le Saint-Ponais ?

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Plaidoyer pour une collecte et un traitement rationnels des déchets domestiques
Document APPEL de M. Sarazin - 12/11/02 - EXTRAITS

Préambule : Les collectivités locales ne sont responsables que de la collecte et du traitement des seuls déchets ménagers.
Aussi, faire payer par les citoyens des installations de traitement surdimensionnées et sophistiquées, au motif qu'elles traitent également les déchets banals de l'industrie et du grand commerce, est une injustice sociale qui influe lourdement sur le choix des techniques, mais aussi, augmente considérablement la charge contributive desdits citoyens. Les industriels, artisans et commerçants, généralement exonérés de la taxe d'enlèvement des OM, bénéficient ainsi d'un traitement à bon compte de leurs déchets. Pourtant la loi est claire : les pollueurs doivent payer l'enlèvement et le traitement de leurs déchets en proportion du tonnage produit.
C'est pourquoi ce document ne traite que de ce qui relève des seuls déchets réellement produits par les citoyens à leur domicile.

Bien entendu, les produits toxiques par nature : (Piles électriques, batteries, restes de peintures, produits de nettoyage, médicaments inutilisés, insecticides, etc.), autrement regroupés sous le sigle DTQS (Déchets toxiques en quantités dispersées), sont supposés être collectés en dehors des déchets domestiques, comme l'exige la loi.
(...)
L'humidité de la poubelle domestique provient, pour l'essentiel, de sa fraction fermentescible. Il est très facile, pour toute ménagère avisée de le vérifier journellement, quand elle met ses déchets dans sa poubelle de cuisine.
Cette fraction fermentescible (constituée principalement des épluchures de fruits et de légumes, des marcs de café et de thé, et des restes de denrées alimentaires), lors de sa "production", renferme donc, à très peu près, toute l'humidité de la poubelle. On peut donc dire que la masse réelle de cette fraction fermentescible représente, en moyenne et avant mélange, 53 % de la masse totale des déchets, avec des extrêmes de 47 à 71 %.
Or, comptabiliser de l'eau, qui n'est pas un déchet mais un élément naturel qui s'évapore et qui ne brûle pas, est un constat particulièrement surprenant, quand on sait qu'il résulte des cogitations collectives d'un aréopage de spécialistes apparemment aussi éminents.
(...)
En vertu de ce qui précède, on peut rétablir la répartition moyenne des constituants, avant mélange, comme suit :
- Métaux : 4 % ;
- Papiers-Cartons : 10,4 % ;
- Textile et encombrants divers : 7,75 % ;
- Matières fermentescibles : 53,85 % (dont 42,5 % d'humidité) ;
- Plastiques : 11 % ;
- Verres : 13 %.
Attendu que les papiers et les cartons sont également fermentescibles et qu'il est bien connu que leur recyclage coûte très cher aux contribuables, il vaudrait mieux, au plan économique, collecter ceux-ci avec la fraction fermentescible humide. L'apport du carbone de cette fraction pour un traitement en compostage ou en méthanisation est bénéfique, comme le savent bien les spécialistes de ces modes de traitement.
Il est bon aussi de savoir que le recyclage en papeterie des papiers et cartons, ne pourra jamais s'effectuer à 100 %. Chaque "nouveau malaxage" provoque une réduction de la longueur des fibres, ce qui rendra de plus en plus fragiles les productions papetières à base de produits recyclés. Dans cette hypothèse, la fraction fermentescible devient : 64,25 %. Il ne resterait plus que 35,75 % de nos déchets à traiter ou à enfouir.
Le traitement de la fraction fermentescible, en compostage ou en méthanisation, sera infiniment moins onéreux que son traitement en incinération et ne générera pas les nuisances avérées de cette technique qui devrait disparaître en vertu du principe légal de précaution.
(...)
Collecte de la fraction fermentescible en porte-à-porte.
Les grands producteurs de bacs à déchets ont mis au point des bacs spécifiques pour la collecte de la fraction fermentescible. Il s'agit de bacs dotés d'une grille horizontale disposée à 15 cm du fond. Des bouches d'aération, dotées de grillages fins, sont disposées dans les parois verticales du bac, en dessous de la grille horizontale. Des ailettes verticales, solidaires de la face interne des parois, permettent à l'air atmosphérique de contourner la masse des déchets qui s'empile sur la grille horizontale. La grille est articulée, de façon à basculer lors des opérations de vidage du bac, pour évacuer les déchets fins qui seraient passés au travers des mailles de la grille. Le couvercle du bac est doté de bouches d'aération identiques à celles qui sont disposées en dessous de la grille horizontale, de façon à permettre l'évacuation des gaz générés par la fermentation aérobie des déchets contenus.
Nota : la fermentation aérobie ne génère pas de mauvaises odeurs.
(...)
Principes, performances et coût du compostage :
Le compostage industriel peut présenter plusieurs degrés d'automatisation.
(...)
En général, le compost ainsi élaboré, nécessite de quatre à six mois de séjours sur l'aire de traitement.
L'avantage de cette solution est son faible coût d'investissement et sa création importante d'emplois.
Son inconvénient principal est la grande surface requise pour disposer les andains.
(...)
L'inconvénient du compostage est que sa seule valorisation est le compost. La destruction d'une partie de la matière organique se fait en pure perte et part à l'atmosphère sous forme de CO2.

Principes, performances et coût de la méthanisation :
La méthanisation consiste à faire fermenter, à l'abri de l'air, la fraction fermentescible humide des déchets, dans un réacteur étanche (appelé également digesteur). On recueille, en haut du réacteur, un bio gaz riche en méthane (environ 55 % de méthane et 45 % de CO2). Ce bio gaz est généralement consommé dans des moteurs thermiques qui produisent l'énergie électrique nécessaire au procédé. L'excédent d'énergie est vendu à EDF. L'énergie thermique des moteurs est utilisée pour le chauffage de la charge des réacteurs et pour le chauffage des locaux. À la sortie du réacteur, on recueille un amendement organique de qualité qu'il conviendra de sécher et d'affiner pour le rendre commercialisable. Généralement, la méthanisation valorise mieux le contenu énergétique des déchets et produit beaucoup moins de gaz à effet de serre que l'incinération.
(...)
Les avantages de la méthanisation peuvent se résumer comme suit :
- Investissement sensiblement de 50 % moindre par rapport à l'incinération, (à capacité égale).
- Fonctionnement continu de la fermentation, sans arrêt programmé annuel pour entretien.
- L'usine peut rester en surveillance automatique la nuit, sans nécessiter de personnel de gardiennage, car la réaction de méthanisation est seule à fonctionner la nuit.
- Pour les usines traitant des déchets mélangés, l'unité primaire de tri peut fonctionner en un seul poste de travail ou en deux postes, selon son dimensionnement.
- La gestion du personnel d'exploitation est plus aisée.

Collecte et traitement des autres fractions :
Les métaux, les verres et les plastiques : un seul conteneur individuel de collecte, peut être affecté à la collecte de ces éléments. Toutefois on peut aussi les collecter par apport volontaire, dans les déchetteries ou dans des conteneurs spécifiques de proximité.
(...)
Il est donc tout à fait envisageable de conditionner les objets hors d'usage en plastique, sous forme de balles compactées et de les enfouir dans des centres de classe 3 pour produits inertes. Cette solution est de loin préférable à l'incinération, car elle est bien moins onéreuse et surtout moins dangereuse au point de vue de la pollution.

Les textiles et encombrants divers :
Les encombrants font l'objet de collectes spécifiques. Il s'agit de meubles et d'appareils électroménagers, hors d'usage qui, normalement, devraient être repris par leurs fabricants. Actuellement nous sommes en phase de transition. En particulier, quand il existe un gros incinérateur sur la zone concernée, les encombrants collectés chez les particuliers, et même ceux qui ont été repris par les vendeurs, sont finalement envoyés à l'incinération. On met en place, sur ces gros incinérateurs, des broyeurs à encombrants qui permettent de tout faire passer dans les fours. Il faudra bien un jour que les producteurs soient obligés de faire des produits entièrement recyclables et de procéder eux-mêmes au remploi.
Les textiles modernes sont synthétiques et peu biodégradables. En conséquence ils peuvent être mis en balles comme les plastiques et enfouis, comme ceux-ci, en centre de classe 3. Les textiles naturels sont biodégradables et peuvent aller en méthanisation.

Devenir des refus des traitements de compostage et de méthanisation :
Ces refus, au fur et à mesure que les citoyens apprendront à trier correctement leurs fermentescibles, seront de moins en moins importants.
Les plastiques mélangés (La majorité) seront enfouis dans des centres de classe 3.
Il faudra néanmoins disposer de centres de stockage de déchets ultimes (C.S.D.U.), de faible capacité, pour les 5 à 10 % de refus des fermentescibles non valorisés (soit 3,25 à 6 % du total). Nous sommes loin des 27 à 33 % de refus de l'incinération sous forme de mâchefers dont l'enfouissement sous les routes est néfaste pour l'environnement, sans oublier les REFIOM à enfouir en classe 1 avec tous les risques que cela comporte pour les générations futures.

Conclusion :
C'est la collecte en vrac qui rend les déchets ménagers polluants.
Si on prend soin de collecter en premier la fraction fermentescible (y compris les papiers et cartons), pour la traiter en compostage ou en méthanisation, on résout plus de 60 % du problème et l'amendement organique produit sera d'excellente qualité.
Il faut être rationnel et ne recycler que les produits qui présentent un intérêt économique certain, se traduisant par une baisse du coût global du traitement des déchets pour les citoyens.
En appliquant les propositions de traitement exposées ci-avant pour le reste des déchets, la pollution globale due aux déchets tend vers zéro et le prix de revient reste minimum. On peut vraiment éviter l'incinération !

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